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Trump dans l’arène pour 2024, ça passe ou ça casse

Trump dans l’arène pour 2024, ça passe ou ça casse
Photo AFP

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Premier à se lancer dans la course à la présidence pour 2024, Trump affrontera de forts vents contraires. Il ne faut toutefois pas le prendre à la légère.

Donald Trump n’a surpris personne mardi en annonçant qu’il souhaite devenir le premier ex-président depuis Grover Cleveland en 1892 à obtenir un second mandat non consécutif.

Ça commence mal. Non seulement plusieurs républicains jettent le blâme sur Trump pour la perte du Sénat – entre autres déceptions –, mais son discours était un bide total.

Redémarrage laborieux

Le monologue de plus d’une heure devant des habitués de Mar-a-Lago était d’un ennui tel que même Fox News l’a mis en sourdine. Après 45 min, ça se bousculait à la sortie de la salle, mais on avait verrouillé les portes! Même la fille préférée de Trump, Ivanka, était absente et a annoncé son départ de la politique.

Cette soirée pitoyable en mode low energy faisait suite à une performance lamentable des candidats vedettes endossés par Trump aux élections de mi-mandat et à une victoire convaincante du principal prétendant à sa succession, le gouverneur de la Floride, Ron DeSantis.

Gros vents contraires

En plus de l’ascension de DeSantis, le retour de Trump est parsemé d’embûches.

D’abord, son image de gagnant est ternie par les échecs de 2018, 2020 et 2022, même si ses partisans inconditionnels croient encore ses fabulations de fraude.

Ensuite, comme l’ont démontré les couvertures vitrioliques du New York Post et le tiédissement de Fox News à son endroit, le géant des médias de droite Rupert Murdoch va lui mener la vie dure.

Enfin, il fait l’objet de multiples accusations au criminel, et les gros donateurs républicains lui ferment le robinet. Par-dessus tout, il est devenu lassant et l’électeur moyen en a soupé de ses rodomontades.

Brûler la maison

Donald Trump n’a pas dit son dernier mot. Son désir de vengeance le fera jouer dur. Plusieurs se sont brûlés dans le passé en prédisant avec trop de certitude son effondrement. Après sa défaite de 2020, la perte du Sénat, le fiasco du 6 janvier et son deuxième impeachment, on le disait fini. Il est remonté.

De plus, Ron DeSantis n’est pas si doué que cela et rien ne garantit qu’il ne sera pas un feu de paille. Si plusieurs candidats se disputent l’investiture républicaine, Trump pourra compter sur un bloc solide d’appuis et ses chances de l’emporter seront bonnes. 

Le cas échéant, si la conjoncture économique est défavorable aux démocrates, sa victoire serait difficile, mais pas inconcevable.

Si les électeurs républicains rejettent Trump aux primaires, ils ne seront pas au bout de leurs peines. Trump se fiche éperdument du parti et il n’hésitera pas à sacrifier des sièges pour punir des élus «déloyaux». S’il est vaincu aux primaires, il n’est pas exclu qu’il se présente comme indépendant juste pour couler son opposant.

Les élus républicains sont terrifiés à l’idée que Trump mobilise ses fidèles cultistes contre eux. Même si seulement un partisan républicain sur dix répondait à son appel, ce serait l’hécatombe. 

Si les républicains expulsent Trump de leur maison, il n’hésitera pas à mettre le feu derrière lui. Le Parti républicain paiera cher son pacte faustien avec ce personnage toxique.

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