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Bureau en gros et en détail!

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Photo Agence QMI, Joël Lemay

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En gros, j’aime bien la nouvelle émission de Stéphan Bureau, Le monde à l’envers et j’espère qu’elle va durer.

D’autant plus que c’est la première fois que TVA court le risque d’une pareille émission en heure de grande écoute. C’est d’autant plus casse-gueule que la plupart des réseaux de télévision ont presque toujours réservé la soirée du vendredi à des émissions légères ou humoristiques. C’est ainsi que Le monde à l’envers doit affronter Prières de ne pas envoyer de fleurs à Radio-Canada. Pour l’instant, Le monde à l’envers s’en tire plutôt bien, mais il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’une case horaire ingrate pour le genre.

J’ai regardé toutes les émissions depuis le 16 septembre. Plusieurs des bémols que j’ai eus dès la première persistent et me font craindre pour la popularité de l’émission. Je continue à croire que Le monde à l’envers aurait eu la vie plus facile le dimanche soir après Révolution, mais ça, je l’ai déjà écrit.

UN ANIMATEUR TROP SAGE

Stéphan Bureau a encore du mal à déployer ses ailes. Il aborde l’émission sur la pointe des pieds comme s’il craignait de déplaire ou de faire un faux pas. Il faut dire que les textes d’ouverture qu’on lui prépare (ou qu’il écrit) sont trop ordinaires. Ils manquent de mordant. Ces dernières semaines, j’ai constaté qu’on a eu tendance à les raccourcir, ce qui n’est pas une solution. Le monologue d’ouverture est important pour « embarquer » les téléspectateurs et leur mettre l’eau à la bouche. La coutume du monologue d’ouverture est aussi vieille que la télévision elle-même. David Letterman a maîtrisé ce type d’ouverture à la perfection dans son Late Show.

Personne n’attend de Bureau des performances comparables à celles de Johnny Carson ou de Letterman, mais ses monologues doivent être plus percutants. Ils manquent de « lignes » qui font mouche et qui permettraient à l’animateur de mettre « l’auditoire dans sa petite poche » d’entrée de jeu. Stéphan a fréquenté tous les humoristes de Juste pour rire durant des années et il a gagné leur respect. Il doit bien s’en trouver un avec qui il serait à l’aise de parfaire ses monologues d’ouverture.

SI ON PARLAIT D’HUMOUR JUSTEMENT...

Disons qu’on n’en fait pas abus dans l’émission. L’animateur est sans cesse sur son quant-à-soi. C’est pourquoi le moment très bref où il s’est laissé aller à des confidences avec l’ex-escorte et autrice Mélodie Nelson fut aussi délicieux et aussi drôle. Comme étaient très drôles le commentaire de Martineau parlant des « plottes à puck » dans l’affaire du hockey junior ou la réflexion de Louise Deschâtelets, la semaine dernière, déclarant « qu’elle avait toujours été une cochonne ! ». Ces réflexions spontanées sont des perles à cultiver. 

Il y a trop de sujets malgré les 90 minutes que dure l’émission et trop d’entrevues ne sont pas mises en contexte. L’animateur doit laisser plus de corde à ses débatteurs. Il est très prompt à les ramener à l’ordre, de la voix ou du geste, comme si tous devaient avoir le pas. Le monde à l’envers ne doit pas être un monde où l’on reçoit un coup de règle sur les doigts si on intervient à contretemps ou si on tente de parler quand la cloche a sonné. Il me semble que Le monde à l’envers doit être un espace de liberté et d’étonnement, autant dans les propos que dans les sujets qu’on y traite.

En gros, j’aime beaucoup l’émission, mais encore plusieurs détails m’énervent !

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