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Des indigènes attaqués dans la région du double meurtre en Amazonie

Aerial Shot of Amazon rainforest in Brazil, South America
Photo Adobe Stock

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Des individus pratiquant la pêche illégale dans la région d’Amazonie où un journaliste britannique et un expert brésilien ont été tués en juin ont menacé de mort une cheffe indigène avant d’ouvrir le feu sur son bateau, ont rapporté des associations locales vendredi. 

Cette attaque, qui a eu lieu le 9 novembre, mais n’avait pas été rendue publique, est le dernier épisode violent en date dans la vallée de Javari, région du nord du Brésil où le reporter Dom Phillips et le spécialiste des peuples autochtones Bruno Pereira ont été abattus.

Cette zone, située à la frontière avec le Pérou et la Colombie, abrite la plus grande concentration de peuples indigènes isolés au monde, mais est devenue ces dernières années un pôle majeur du crime organisé, où opèrent le plus souvent en toute impunité narcotrafiquants, bûcherons et pêcheurs illégaux.

L’association AKAVAJA, qui représente le peuple Kamari vivant dans la vallée de Javari, a relaté dans un communiqué l’attaque subie par des autochtones qui voyageaient dans des bateaux avec leurs familles pour rencontrer des membres d’autres tribus.

Ils ont croisé des embarcations de pêcheurs illégaux remplies de poissons et de tortues, qui leur ont tout d’abord proposé une partie de leur butin pour tenter de les convaincre de ne pas les dénoncer aux autorités pour braconnage.

Quand une femme présentée comme une des leaders du peuple Kamari a refusé leur offre, les pêcheurs ont pointé leur arme vers elle, selon le communiqué.

« C’est à cause de ce genre d’attitude qu’on a tuée Bruno et Dom. Tu seras la prochaine », a dit l’un des pêcheurs, selon l’AKAVAJA.

« Je ne vais pas te tuer maintenant parce qu’il y a plein d’enfants ici », a-t-il ajouté.

L’association explique que les pêcheurs ont ensuite coupé les fils du moteur d’une des embarcations des indigènes, avant de s’éloigner en tirant. Un des tirs a atteint un réservoir d’essence.

« Cette attaque montre (...) une nouvelle escalade de la violence, avec un risque concret de nouveaux meurtres », a alerté l’Observatoire des droits humains des peuples indigènes isolés (OPI), une organisation de défense des autochtones.

Tué à 57 ans, Dom Phillips, collaborateur régulier du journal britannique The Guardian, se trouvait dans la vallée de Javari dans le cadre de recherches pour un livre sur la préservation de l’environnement. Lors de cette expédition, il était guidé par l’expert Bruno Pereira, 41 ans.

La police a arrêté neuf personnes suspectées d’être impliquées dans ce double meurtre.

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