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Le PQ est victime du règlement qu'il a lui-même établi

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Avec 14 % des votes, le PQ n’a que trois députés et se retrouve dans la position de demandeur en vue de la rentrée parlementaire. Autant sur la question des budgets de fonctionnement que sur la question des temps de parole, le PQ doit se battre pour chaque pouce de terrain. Et jusqu’à maintenant, les choses ne sont pas roses.

Ce qui ressort des discussions actuelles, c’est que le PQ mangerait son pain sec pendant quatre ans. Une ou deux questions par semaine, tout au plus à la période des questions et un budget qui permet à peine la survie à l’Assemblée nationale.

Si les choses restent ainsi, la voix des électeurs péquistes sera incorrectement entendue à l’Assemblée nationale. Ce serait malheureux et j’espère sincèrement que cette situation sera corrigée avant la rentrée.

Peu de gens sont aussi bien placés que moi pour comprendre ce que vit le PQ. Quémander pour obtenir une reconnaissance que les principes démocratiques élémentaires semblent imposer est un exercice fort désagréable. J’ai détesté ce sentiment d’être un quêteux parce que le règlement de l’Assemblée nationale est désuet et écrit pour deux partis.

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Le passé péquiste

Cependant, j’ai aujourd’hui la désagréable tâche de rappeler au Parti Québécois ses positions passées en la matière. Quand le PQ était une force politique dominante, que faisait-il en pareilles circonstances ?

Le PQ a établi lui-même le terrible règlement de l’Assemblée nationale dont il est victime aujourd’hui. À l’époque, s’étant enfin débarrassés de l’Union nationale, les péquistes (et les libéraux) avaient intérêt à créer des conditions pour un système à deux partis.

Puis, en 2003, l’ADQ a fait élire quatre députés en obtenant plus de 18 % d’appuis. Plus que le PQ de 2022. Le PQ s’était alors fermement opposé à reconnaître ces députés comme groupe parlementaire. D’ailleurs, rien n’était réglé à la rentrée et c’est à titre de députés traités comme indépendants que les adéquistes de l’époque avaient dû bloquer et bousiller la rentrée parlementaire pour forcer une négociation.

Mépris

Le leader parlementaire du PQ de l’époque, André Boisclair, ne voyait aucune importance au statut d’un parti de quatre députés. Monsieur Boisclair parlait de « petite joute », de « game à courte vue ».

André Boisclair, qui fut par la suite le chef du PQ, dénonçait un parti qui, et je cite : « cherche désespérément, des budgets à son équipe de recherche pour qu’il ait plus de moyens que ce que lui autorise le règlement ». Voilà le regard qu’avait le PQ de l’époque pour la bataille actuelle de Paul St-Pierre Plamondon.

Puis au début 2009, la même question s’est posée alors que l’ADQ s’est retrouvée avec sept députés. Pauline Marois avait suggéré de ne même pas traiter les demandes de reconnaissance. Elle souhaitait reporter la discussion après la réforme parlementaire. Cette suggestion aurait laissé ces députés sans moyens pendant une, deux, trois années...

La leçon à tous les partis : soyez généreux, respectueux et démocrates lorsque ça va bien. On ne sait jamais...

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