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COP27 : le cynisme n’est pas une option

GEN - AIRBUS CANADA VISITE DES INSTALATIONS
Photo d'archives, Martin Alarie C’est à la COP27 que le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a annoncé la mort de GNL-Québec.

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La COP27 qui se termine en Égypte alimente le cynisme. Elle goûte les énergies fossiles bien arrosée par 636 lobbyistes aptes à transformer des élus en pantins.

Quand on sait qu’Enbridge n’est qu’une des compagnies pétrolières qui accompagnent la délégation canadienne, il y a de quoi s’inquiéter.  

C’est comme si notre gouvernement invitait l’industrie du tabac à un sommet mondial destiné à lutter contre le cancer du poumon. Les milliards de profits de ces multinationales dépendent de notre inaction collective. Elles feront tout pour maintenir le statu quo.

Qui se surprendra alors que Steven Guilbeault, ministre de l’Environnement du Canada, refuse que l’accord final appelle à l’élimination progressive des combustibles fossiles ?

Cette mesure serait pourtant nécessaire si on prenait la crise climatique au sérieux. Les scientifiques s’entendent là-dessus, sauf ceux qui sont liés à l’industrie des énergies fossiles. Évidemment !

Le Québec aurait d’ailleurs tout à gagner si la communauté internationale s’engageait à éliminer progressivement les combustibles fossiles. Nous sommes en avance en matière de production d’énergies renouvelables. Ça, François Legault l’a compris !

Briser le cynisme

Je comprends les jeunes qui disent « fuck la COP ». Leur santé et leur sécurité sont menacées par l’inaction de nos gouvernements qui ont pourtant le devoir de protéger leur avenir. 

Mais même si ces sommets ne sont pas à la hauteur de l’urgence, je continue à croire qu’ils ont leur importance. La situation serait pire s’ils n’existaient pas.

La crise climatique est un problème international qui exige des solutions internationales. Sans dialogue et sans accord entre les nations, il n’y a pas d’espoir pour des engagements contraignants.

Les COP permettent aux pays les plus vulnérables et les moins responsables des extrêmes climatiques d’être entendus au-delà de leurs frontières. Ils y créent des alliances stratégiques. 

Même si pour l’instant, elles n’ont pas suffi à assurer le financement adéquat par les pays riches d’un fonds destiné à pallier la crise climatique.

Quelques raisons d’espérer

À cause de leur forte médiatisation, les COP poussent aussi les gouvernements à se commettre.

C’est à la suite de son passage à la COP26, l’an dernier, que François Legault a annoncé que le Québec se ralliait à la coalition « Beyond Oil and Gas » qui vise à restreindre la production de pétrole et de gaz sur le territoire des juridictions membres. Cet engagement est maintenant inscrit dans une loi.

À la COP27, le ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, Pierre Fitzgibbon, a enfin mis le dernier clou dans le cercueil de GNL-Québec, malgré les propos qu’il a tenus pendant les élections.

C’est aussi durant cette COP que le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, a annoncé que Québec versera 10 millions $ au Fonds pour l’adaptation aux changements climatiques des Nations unies et que 46,4 millions $ seront accordés à des initiatives citoyennes pour le climat au Québec.

Les raisons d’être cynique face à la crise climatique demeurent multiples, mais baisser les bras garantirait l’échec.

Rappelons que les luttes que l’on gagne sont celles que l’on n’abandonne pas. L’humanité ne peut pas se permettre de perdre celle-là. 

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