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Français: le PLQ déboussolé

Madwa-Nika Cadet
Photo Chantal Poirier La nouvelle porte-parole libérale en matière de langue française, Madwa-Nika Cadet.

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Cette semaine, je n’ai pu obtenir une entrevue avec la nouvelle porte-parole libérale en matière de langue française, Madwa-Nika Cadet.

Les élus du PLQ tenaient un caucus présessionnel de trois jours. Les échos, évidemment, portèrent surtout sur la réintégration ratée de Marie-Claude Nichols. Les élus rouges s’en plaignaient et disaient vouloir parler « des enjeux ». D’où ma demande sur la langue.

Mercredi, un attaché de presse m’a d’abord répondu « on regarde ça ». En soirée, j’ai insisté : « Oui, ça ira à demain. »

Mais puisque, jeudi dans son point de presse, Marc Tanguay a répondu à deux questions sur la langue, on m’a refusé l’entrevue : « Le chef a tout dit. » Je n’étais pas d’accord, mais rien n’y fit.

Entreprises

Les questions à Tanguay portaient sur l’application de la loi 101 aux entreprises fédérales. Vieille revendication consensuelle au Québec, pleine de bon sens, mais qui a longtemps embêté le PLQ.

En décembre 2020, cependant, six anciens premiers ministres du Québec, incluant les trois libéraux (Johnson, Charest et Couillard), signaient une lettre ouverte pour appuyer la mesure.

Le PLQ de 2022 est-il d’accord ? Tanguay répondit uniquement « oui », sans enthousiasme. C’était pourtant la 20e des 27 propositions du PLQ d’avril 2021 pour le français : « Appliquer aux entreprises de compétence fédérale les dispositions de la Charte de la langue française. »

La loi 96 du gouvernement Legault, refonte de la loi 101, l’édicte d’ailleurs. Mais le gouvernement Trudeau n’est pas d’accord. Il veut faire adopter d’ici Noël son projet de loi C-13 qui donnera le choix aux entreprises entre le régime québécois et le fédéral, lequel prône évidemment le bilinguisme.

Les militants anti-96 applaudissent. Notamment le lobby Quebec Community Groups Network (QCGN). À ses yeux toutefois, C-13 a encore beaucoup de défauts ; dont celui de mentionner la Charte de la langue française (Loi 101 modifiée par la 96). Selon QCGN, il s’agit d’un « soutien fédéral » implicite à une loi liberticide, qui « rejette les droits individuels garantis » par la Charte canadienne. Par conséquent, QCGN exige le retrait de « toutes ces références ».

Questionné à ce sujet, Tanguay patina. Liberticide, la loi 101 ? Elle ne peut pas « être qualifiée de la sorte », a-t-il d’abord répondu, puisqu’elle « fait écho de ce qu’est la nation québécoise ». Robert Bourassa, rappela-t-il, fit du français en 1974 la langue officielle du Québec. Tanguay déplora cependant que la Loi 96 entraînait une « diminution de droits » non « justifiée ».

Après le point de presse, l’entourage de Tanguay me texte : « Pour le C-13, nous sommes en train d’en analyser les impacts et souhaitons réserver nos commentaires pour le moment. »

Nulle surprise : dans le nouveau caucus du PLQ, ancré dans l’ouest de l’île de Montréal et dans le Parti libéral du Canada, on tend à appuyer Ottawa et non la Loi 96.

La députée de NDG Désirée McGraw, porte-parole libérale auprès des Québécois d’expression anglaise (et ancienne conseillère de Justin Trudeau), déclarait par exemple en campagne électorale : « Bill 96 has no place in a free and democratic society ». Rien de moins ! 

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