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Le Québec, eldorado des couples accotés

Quebec Flag on Sunset Sky
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De tous les pays du G7, c’est au Canada que l’on retrouve la plus grande proportion de couples qui vivent en union libre ou, si vous préférez, en concubinage ou en union de fait.  

Cela dit, le Canada doit ce premier rang au Québec.

Selon le récent recensement de Statistique Canada, il y avait en 2021 au Québec 828 010 couples qui vivaient en union libre, soit 42,7 % de toutes les familles comptant un couple.  

C’est 2,5 fois plus que dans le reste du Canada, dont la proportion de couples en concubinage s’élève à peine à 17 %. En Ontario, la proportion des couples en union de fait n’est que de 15,7 %.  

Avec sa phénoménale proportion de 42,7 % de couples vivant en union libre, le Québec devance solidement même les pays nordiques où prévalent les couples accotés, telles la Suède (33 % des couples), la Norvège (31 %) et la Finlande (28 %).  

En queue de peloton dans le G7, on retrouve l’Italie avec seulement 10 % des couples qui vivent en union de fait. Suivent ensuite les États-Unis (12 %), le Danemark (16 %), l’Allemagne (16 %), la France (18 %), le Royaume-Uni (21 %).  

Grâce au Québec, le Canada affiche la plus forte proportion de couples en union libre du G7 avec 23 %. 

  • Écoutez l'édito économique de Michel Girard diffusé chaque jour en direct 7 h 50 à QUB radio :  

Phénoménale croissance

De 1981 à 2021, selon Statistique Canada, le nombre de couples en union libre a explosé de 447 % au Canada. Aujourd’hui, avec ses 828 010 couples vivant en union libre, le Québec compte à lui seul 42,5 % de tous les couples canadiens qui ont opté pour l’union libre au lieu du mariage.  

D’autre part, durant cette même période de 40 ans, la croissance des couples mariés s’élève à seulement 26 % dans l’ensemble du pays, soit 17 fois moins que la croissance des couples optant pour le concubinage. 

Côté mariage, nous, au Québec, on s’est particulièrement démarqué en affichant non pas une hausse, mais plutôt une baisse de 17 % depuis 1981. 

En passant, Statistique Canada tient à préciser qu’une constante demeure depuis plus d’un siècle : « La plupart des adultes âgés de 15 ans et plus vivent avec un conjoint marié ou de fait. En effet, 57 % des adultes étaient en couple en 2021 et 58 % l’étaient aussi il y a exactement 100 ans, en 1921. »

Mais...

L’âge médian des personnes en couple a augmenté au fil des décennies, principalement en raison du vieillissement de la population.  

Alors que 68 % des personnes âgées de 25 à 29 ans étaient en couple en 1981, cette proportion a chuté à 39 % en 2021. 

Par ailleurs, l’union libre est devenue « la norme » lorsque les jeunes adultes se mettent en couple.  

En 2021, près de 8 personnes sur 10 (79 %) âgées de 20 à 24 ans, qui étaient en couple, vivaient avec un conjoint de fait.  

De plus, l’union libre gagne en popularité chez les gens plus âgés alors que 16 % des 55 à 69 ans ont choisi ce type d’union, par rapport à 13 % en 2016. 

  • Écoutez l'édito économique de Michel Girard diffusé chaque jour en direct 7 h 50 à QUB radio : 

Les enfants

Bien que le Québec fait bande à part avec sa prévalence pour l’union libre, cela n’a pas d’impact négatif sur le fait d’avoir ou pas des enfants.  

La proportion des couples québécois accotés qui ont des enfants s’élève à 48,5 %, à comparer à 45,2 % pour les couples mariés ou unis civilement. Cette prédominance perdure depuis une dizaine d’années. 

Cependant, voici un fait très important à noter ici : « Parmi les couples ayant des enfants, précise Statistique Canada, ceux vivant en union libre étaient plus que quatre fois plus susceptibles d’être des familles recomposées (31 %) que les couples mariés ayant des enfants (7 %), ce qui laisse croire que les parents peuvent préférer vivre en union libre lorsqu’ils commencent une nouvelle union. » 

Zéro partage de patrimoine familial  

Vivre en union libre, c’est bien beau tant et aussi longtemps que l’union résiste aux aléas de la vie de couple.  

Mais lorsque l’union libre se brise, il faut savoir qu’il n’y a aucun partage du patrimoine familial entre les deux anciens tourtereaux, cela étant uniquement réservé aux couples mariés ou unis civilement qui se séparent ou divorcent. 

Je ne veux surtout pas semer la bisbille au sein des couples qui vivent en union libre.  

Mais permettez-moi de rappeler les grands avantages que la Loi sur le partage du patrimoine familial procure aux couples mariés ou unis civilement, lors d’un divorce ou d’une séparation.  

Cette loi garantit l’égalité juridique et économique des conjoints, en assurant à chacun une juste part du patrimoine familial, c’est-à-dire le partage à 50-50 de la valeur nette dudit patrimoine familial, soit la valeur après déduction, s’il y a lieu, des dettes liées aux biens à partager.  

Voici ce que le patrimoine familial comprend :  

  • La maison familiale  
  • Ou sa plus-value durant le mariage, si elle appartient à l’un d’eux qui la détenait avant le mariage 
  • Le chalet 
  • Les meubles  
  • Les autres biens servant à la famille  
  • Les automobiles familiales  
  • Les droits à la retraite des époux qui ont été accumulés durant le mariage  
  • Les gains inscrits par les époux au Régime des rentes du Québec 

Sont notamment exclus du patrimoine familial les biens que l’un ou l’autre des époux a reçus par succession ou par donation avant ou pendant le mariage. 

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