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Les masques tombent à l'Assemblée nationale

Quebec
Photo d'archives

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Pendant une campagne électorale, tous les partis disent : nous serons constructifs, généreux, inclusifs, pas étroitement partisans, etc. 

Du blabla, du baratin. 

Sitôt le dernier vote compté, la vraie nature du jeu politique revient au galop. 

Négos 

Les masques viennent de tomber à l’Assemblée nationale. 

On négocie présentement la répartition des budgets et du nombre de questions auxquels auront droit les partis d’opposition qui ont des élus. 

Les pourparlers augurent mal pour le Parti Québécois. 

On se rappellera que le PQ a obtenu plus de votes (14,61 %) que le Parti libéral (14,37 %) et presque autant que Québec solidaire (15,43 %). 

Mais il n’a fait élire que 3 députés contre 11 pour QS et 21 pour le PLQ, tombé à 19 depuis. 

Il semblerait qu’il n’obtiendra que 5 questions sur 100 et un budget famélique puisque celui-ci est calculé en fonction du nombre d’élus et non du pourcentage de votes.  

Cela lui donnera très peu de visibilité et très peu de moyens pour talonner le gouvernement et faire connaître ses idées. 

  • Écoutez la chronique de Joseph Facal au micro d'Isabelle Maréchal sur QUB radio :

Mario Dumont notait que le PQ fait aujourd’hui les frais d’un règlement qu’il imposa jadis à l’ADQ. 

Mario Dumont a objectivement et totalement raison. 

À l’élection de 2003, l’ADQ fit élire quatre députés et obtint 18,18 % des votes.  

Mais on ne lui fit aucune faveur et on appliqua à la lettre un règlement qui prévoit que la reconnaissance comme groupe parlementaire officiel impose un minimum de 12 députés ou 20 % des votes. 

On pourrait donc, sur ces bases, clore immédiatement le débat. 

Ce serait dommage. 

Le règlement est désuet si on considère le caractère inédit de la situation.  

Jamais l’opposition parlementaire n’a été aussi faible et fragmentée. 

Et que dire des conservateurs qui ont obtenu plus d’un demi-million de votes ?  

Ce sera beau si on laisse Éric Duhaime poser un orteil dans le hall d’entrée du parlement. 

Il y a là un problème, un gros problème. 

Pouvoir 

L’attitude rigide du PLQ n’étonnera personne. 

Devenu la risée de tous depuis la tragicomédie concernant la troisième vice-présidence, il est usé jusqu’à la corde, désemparé sans le ciment du pouvoir et de l’argent, et ressort des boules à mites un vieil opuscule de feu Claude Ryan en guise de pensée. 

Mais cela ne l’empêche pas de se comporter avec son arrogance de toujours.  

Le cas de QS est plus intéressant : ne prétendait-il pas faire de la politique autrement ? 

Voilà une nouvelle illustration d’une vieille leçon de l’histoire : les partis idéologiquement rigides sont rigides dans leurs attitudes envers autrui autant que dans leur certitude d’avoir toujours raison. 

Ne croyez jamais quelqu’un qui vous dit qu’il va complètement renouveler la façon de faire de la politique. 

Je comprends cependant mal la rigidité de la CAQ qui a amplement les moyens d’être magnanime. 

La lutte pour le pouvoir est sans pitié parce qu’elle est largement le reflet de la nature humaine. 

  • Écoutez la chronique de Joseph Facal au micro de Richard Martineau sur QUB radio :

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