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Trump 2016 n’est pas Trump 2022

USA-ELECTION/TRUMP
Photo AFP

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Pratiquement six ans jour pour jour où il a été élu président, Trump est de retour.

On avait tous la gueule de bois le lendemain où Trump annonçait son retour comme candidat à l’élection présidentielle de 2024.

S’il y a une chose qu’on sait à propos de Trump, c’est qu’on ne peut jamais le déclarer vaincu. La preuve la plus éclatante ? Il a orchestré une insurrection factieuse contre la démocratie américaine, et il est encore là. Un exploit en soi.

Or, aujourd’hui, en novembre 2022, Trump n’est pas fini, mais il est plus faible que jamais. Plus qu’on peut le croire.

Ce n’est pas prendre ses fantasmes pour réalité que de l’avancer.

Voici pourquoi.

Un adversaire

D’abord, les sondages. Ils pointent tous vers le même phénomène : sa base électorale le suivra partout, peu importe ce qu’il dit ou fait. Bruyante, fidèle et partisane du Grand mensonge de l’élection de 2020.

Le noyau trumpiste a ceci en commun : il préfère perdre avec Trump, que gagner avec n’importe qui d’autre. On parle ici, grosso modo, de 40 % des républicains.

Mais pour la première fois, les sondages montrent qu’un adversaire républicain tient tête à Trump. Son nom : Ron DeSantis, gouverneur de la Floride.

Prenons le dernier sondage Léger, illustré plus haut, réalisé auprès des électeurs républicains. Il indique que DeSantis récolte 45 % d’appuis chez les républicains et Trump 43 %. On est ici devant une égalité statistique ! Du jamais-vu depuis que Trump a pris la tête du Parti républicain !

Plusieurs analystes avancent qu’étant donné que le Parti républicain a adopté le trumpisme, ils sont de plus en plus tentés d’appuyer un candidat qui se réclame du trumpisme, mais sans le fardeau du caractère de Trump. DeSantis est ce candidat idéal.

L’homme du passé

Les médias conservateurs sont en train de le larguer. La constellation médiatique composée de Fox News, du New York Post et du Wall Street Journal, bref de la famille Murdoch, parle de lui comme un homme du passé. Ils l’abandonnent, l’ignorent ou le tournent en ridicule.

Les autres médias plus « progressistes » le couvrent maintenant avec plus de sobriété. On ne le place plus au centre du jeu, en analysant toutes ses outrances. Ce qui avait un double effet : vendre de la copie et faire avancer Trump.

Et surtout, Trump n’a plus la réputation du gagnant, du politicien disruptif et outsider

Il a perdu toutes ses élections depuis 2016.

Et une des raisons du succès de Trump était sa capacité à agglomérer toutes les folies américaines. Les conservateurs assez classiques, les évangélistes, les fascistes et les antiavortement voyaient tous en lui l’idiot utilisé pour faire avancer leur programme politique. Ils n’avaient pas tort : la décision de la Cour suprême contre le droit à l’avortement en est la preuve éclatante.

2022 n’est pas 2016

La colère américaine va rester, tout comme sa tentation de s’attaquer à sa démocratie pour arriver à ses fins.

Le trumpisme, comme mouvement politique, risque de s’implanter dans le décor américain pour les prochaines années.

Mais il ne faut pas penser que le Donald Trump de 2022 survivra à tout comme celui de 2016 l’a réussi.

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