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Bergevin a quand même laissé Suzuki et Caufield en héritage

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Photo d'archives, AFP

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Ainsi donc, Marc Bergevin se comportait comme un adolescent. Il ne savait pas comment parler aux joueurs. Il avait un mal fou à gérer des situations délicates. 

Il a fait de belles choses, mais il a aussi commis des gaffes inexplicables.

Dominique Ducharme: il n’a jamais perdu son vestiaire parce qu’il n’a jamais gagné le respect des joueurs.

C’est Pierre Gervais qui raconte ses années comme préposé à l’équipement du Canadien. J’avoue que je suis étonné par la décision de Pierre d’étaler publiquement ce qu’il a vécu au cours de sa carrière avec le Canadien.

Étonné parce qu’il a toujours fait preuve d’une grande simplicité et surtout d’une grande discrétion sur tout ce qui se passait derrière les portes fermées de la demeure des patineurs.

Jamais, au cours des années passées à ses côtés, il ne s’est permis le moindre écart de conduite. Nos conversations tournaient souvent sur les activités de la ligue parce qu’il était un personnage très influent dans son domaine.

D’ailleurs, à l'occasion des Jeux olympiques, Wayne Gretzky, alors directeur général de l’équipe canadienne, avait communiqué avec Pierre pour qu’il accepte de prendre en charge le vestiaire.

«Tu es le meilleur Pierre, tu dois te joindre à nous», avait dit Gretzky.

Gagner le respect

Il a gagné le respect de tout le monde. Aux jeux de 2002, à Salt Lake City, il m’a raconté combien Mario Lemieux et Steve Yzerman l’avaient impressionné par leur courage et leur détermination.

«Avant chaque match, ils devaient subir des traitements pendant quelques heures pour de graves blessures, j’étais même très surpris de les voir sur la patinoire et être des joueurs d’impact», m’a-t-il raconté.

À l'occasion d’un championnat du monde de hockey en Autriche, nous nous étions raconté plusieurs anecdotes et il savait comment répondre aux questions sur les joueurs qu’il avait côtoyés pendant les trois semaines de la compétition.

Il a toujours eu un bon mot pour tout le monde.  

Je n’oublierai jamais nos conversations où je lui demandais un conseil sur les vins que je devais acheter pour une occasion particulière. Il était devenu, au fil des ans, un véritable connaisseur.

Qu’il décide de faire connaître ses états d’âme à Mathias Brunet m’a surpris. Mathias a fait un travail colossal et Pierre a été égal à lui-même. Mais, cette fois-ci, il n’avait pas une barrière de confidentialité devant lui. J’imagine qu’il a gardé quelques petits secrets dans son coffre à souvenirs, mais, en général, ce qu’il a vécu, ce qu’il a vu, il l’exprime avec honnêteté. Et comme l’écrit Réjean Tremblay, Mathias nous entraîne dans l’univers de Pierre Gervais avec une belle simplicité.

Il nous amène dans le vestiaire en ouvrant toutes grandes les portes.  

Les propos sur Dominique Ducharme sont tranchants.

Autre personnalité

Ceux qui concernent Marc Bergevin décrivent le personnage qu’on pensait connaître, mais qui cachait une autre personnalité. Les propos de Gervais expliquent pourquoi, sous le régime de l’ex-directeur général, le Canadien n’a jamais su créer une stabilité si importante aux grandes organisations.

Sauf que Gervais prend bien soin de préciser que l’ex-directeur général n’a pas fait que de mauvais coups.

Et c’était approprié qu’il ouvre une parenthèse sur les actions de Bergevin.

Après tout, Nick Suzuki et Cole Caufield appartiennent à l’héritage laissé par Bergevin. On peut toujours affirmer qu’il s’agit d’un héritage empoisonné si on s’attarde sur les salaires versés par l’ex-directeur général, cependant, sur le plan des effectifs, le duo Jeff Gorton/Kent Hughes peut avancer dans son processus de développement et surtout dans la relance de la concession avec des effectifs invitant l’organisation à entretenir de grands espoirs.

Suzuki s’est amené à Montréal après que Max Pacioretty, qui, aux dires de Gervais, a été un très mauvais capitaine, fut parti pour Vegas. Un coup fumant. Caufield a été un choix de premier tour plutôt risqué en raison de sa petite taille, mais, sous la direction de Martin St-Louis, il a conquis les partisans de l’équipe.

Son sourire, sa détermination, son dévouement pour le hockey font en sorte qu’il possède un charisme comme on en a rarement vu chez un joueur du Canadien au cours des dernières années.

Les deux joueurs ont encore une fois tenu les amateurs sur le bout de leur siège samedi, dans une fin de match captivante. Et j’ai bien aimé la réaction de Patrick Lalime quand Suzuki a déjoué Carter Hart en tirs de barrage: Lalime disait que ce que venait d’accomplir Suzuki était illégal, illustrant bien d’une façon imagée l’action menée par le capitaine.

Des espoirs

Kaiden Guhle et Jordan Harris ont également été recrutés par le groupe dirigé par Bergevin – Arber Xhekaj lui aussi.

Un livre qui soulève la discussion, qui fournit des informations pertinentes, un document qui nous conduit au milieu de la vie quotidienne dans le vestiaire d’une équipe professionnelle.

Pierre Gervais nous décrit comment les joueurs peuvent réagir face à un entraîneur qui ne parvient pas à gagner leur respect. Dominique Ducharme était un condamné en sursis.

Les joueurs n’ont pas tardé à prononcer la sentence finale avec l’arrivée d’un nouveau groupe d’administrateurs.

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