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Qui a peur du Parti Québécois?

Élection Provinciale 2022
Photo d'archives, Martin Chevalier Le chef du PQ a oublié que la politique n’est pas un conte de fées.

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Lorsque Paul St-Pierre-Plamondon a annoncé que la campagne électorale du Parti Québécois serait la campagne Cendrillon, il a oublié une chose essentielle. La politique n’est pas un conte de fées.

Ses adversaires le lui ont cruellement rappelé cette semaine.

Contrairement à Cendrillon, le PQ n’a pas de fée marraine pour empêcher son carrosse de se transformer en citrouille avant les 12 coups de minuit.

C’est bien parce qu’il a compris qu’il n’a pas non plus de petite souris pour lui venir en aide à la dernière minute que Paul St-Pierre-Plamondon a pris le risque d’une sortie bien publique contre ses adversaires dans le cadre de la négociation sur la reconnaissance des partis à l’Assemblée nationale.

Pour rester dans l’allégorie du conte de fées, ça fait bien l’affaire de la belle-mère et des demi-sœurs que le PQ reste dans le grenier pour les quatre prochaines années.

  • Écoutez la rencontre Latraverse-Dumont diffusée chaque jour en direct 17 h via QUB radio :

Vivre ou survivre ?

À première vue, l’offre faite au Parti Québécois semble bien équitable. Il aurait droit au même financement par député à l’Assemblée nationale que Québec solidaire.

Comme dans tout contrat, le problème, ce sont les notes de bas de page en petits caractères. Pour QS, ça laisse un montant assez substantiel dans la cagnotte pour se payer conseillers politiques, attachés de presse et recherchistes. Pour le PQ, non. C’est aussi simple que ça.

Oui le PQ serait condamné à survivre plutôt que renaître de ses cendres.

Ce sont les règles du jeu, certes. Québec solidaire en 2014 avait eu droit à un traitement bien plus défavorable. Et, parlez-en à Mario Dumont, l’institution du PQ est partiellement responsable du sort qui s’acharne sur son chef d’aujourd’hui.

L’erreur de Paul St-Pierre-Plamondon est d’avoir cru sur parole le premier ministre Legault lorsqu’il s’est dit en faveur d’une reconnaissance du PQ. On comprend aujourd’hui que tous préfèrent une reconnaissance de façade.

  • Écoutez la rencontre Latraverse-Dumont diffusée chaque jour en direct 17 h via QUB radio :

Quel avenir ?

Car la faiblesse du PQ est essentielle à l’avenir de la CAQ. À court terme, elle lui a permis de recruter des vedettes souverainistes afin d’incarner la seule voix forte face à Ottawa.

À long terme, cette faiblesse du PQ devient existentielle pour l’avenir du parti de François Legault.

Tant que le PQ demeure marginal, la question nationale l’est tout autant. Le jour où celui-ci réussira à en faire le débat central au Québec, la cohésion même de la coalition caquiste sera menacée, tiraillée entre ses deux pôles.

Québec solidaire est dans le même bateau. Le parti de gauche n’a aucun intérêt à voir ses factions se déchirer sur cette question.

Finalement, un PQ qui vivote, sans plus, sert les intérêts des partis nationalistes. Pourquoi profiteraient-ils de la représentation à l’Assemblée nationale pour corriger les distorsions de notre mode de scrutin quand ils peuvent s’en passer ?

Comme le disait si bien mon collègue Marc-André Leclerc au Bilan vendredi soir, c’est le PLQ qui n’a rien compris. Il est bien le seul qui a tout à gagner d’une renaissance vigoureuse du Parti québécois.

Il faut croire qu’il est trop empêtré dans ses problèmes internes pour l’avoir compris.

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