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Revisiter l’affaire Julien Lacroix

Revisiter l’affaire Julien Lacroix
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En revisitant l’affaire Julien Lacroix, La Presse et le 98,5 FM ont omis d’aborder des aspects primordiaux qui concernent les agressions sexuelles, soit les mythes et préjugés qui font que les victimes hésitent à briser le silence.

Les deux médias sont revenus sur l’affaire Julien Lacroix et l’enquête du Devoir, parue en 2020. Neuf femmes y dénonçaient le comportement de l’humoriste Julien Lacroix.  

On nous apprend qu’aujourd’hui, certaines d’entre elles ne se considèrent plus victimes, voient les choses différemment ou minimisent les gestes. Elles déplorent les conséquences sur Lacroix, et certaines en ont discuté avec lui. 

Fausses croyances 

Parler d’une agression sexuelle vécue n’est pas une décision facile, rappelle Viol-Secours. Plusieurs raisons peuvent amener la victime à garder le silence : crainte de l’agresseur, des représailles ou de ne pas être crue, sentiment de responsabilité, culpabilité, honte.  

Parmi les autres raisons figurent les réactions de l’entourage, l’isolement et les mythes et préjugés entourant les agressions.  

Au Centre pour les victimes d’agression sexuelle de Montréal, on parle de ces mythes, qui normalisent la violence, minimisent la gravité des gestes commis et maintiennent les victimes dans le silence.  

Il s’agit de fausses croyances semant le doute dans l’esprit des victimes et renforçant l’image négative qu’elles peuvent avoir d’elles-mêmes après l’agression sexuelle.  

Aspects évacués 

Or toutes ces raisons, tous ces mythes et préjugés viennent rapidement à l’esprit en prenant connaissance des témoignages de ces femmes, deux ans plus tard.  

Il est vrai que cette affaire a eu de lourdes conséquences pour l’humoriste, et que les victimes d’agressions devraient porter plainte, ce qui n’a pas été le cas. 

Les victimes dénoncent régulièrement le traitement reçu par les services de police et le système judiciaire. Au point qu’on a mis sur pied des tribunaux spécialisés récemment. 

Au final, le sujet est délicat, tout comme il est délicat de revisiter une enquête qu’on n’a pas soi-même menée. Le recours à des experts, psychologues ou intervenants aurait vraiment dû être considéré.

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