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Fred Dubé et la meute

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Chaque fois que je vois quelqu’un être la cible d’allégations de nature sexuelle, je défends son droit à la présomption d’innocence. 

Chaque fois que je vois un individu être livré au lynchage public des médias sociaux, je me dis: «Je ne souhaiterais pas ça à mon pire ennemi».

Alors même si l’humoriste Fred Dubé est un de mes pires ennemis dans le milieu culturel: 

  1. Je ne me réjouis pas de ce qui lui arrive;
  2. Je défends son droit à une défense pleine et entière.

Fred qui?

Vous ne connaissez pas l’humoriste Fred Dubé et vous n’aviez jamais entendu parler jusqu’à ce que vous lisiez son nom dans Le Journal lundi, dans un article parlant de «deux autrices qui le dénoncent pour agression sexuelle»?

C’est normal. Dubé est un humoriste marginal, chouchou de la gauche, qui a déjà tenu chronique chez Marie-Louise Arsenault et Pénélope McQuade à la radio et la télé de Rad-Can (jusqu’à tant que les deux lui montrent la porte). Un militant de gauche qui se fait écarter par Radio-woke, faut le faire!

Dubé, c’est un anticapitaliste qui a déjà déclaré (sans rire) que «La seule chose qu’on devrait déposer dans une banque, c’est une brique dans leurs vitres.» 

Le Devoir, toujours complaisant avec les militants radicaux, soulignait l’an dernier, à l’occasion de la parution du deuxième livre de Fred Dubé, «sa verve insolente, son humour engagé, sa plume incisive et son audace cinglante».

Fred Dubé a déjà souhaité la mort de mon mari. Fred Dubé a déjà comparé mes chroniques à de la «chaude-pisse syphilitique». Fred Dubé rit de moi en spectacles. Fred Dubé rit de moi dans ses livres (et s’en vante sur le quatrième de couverture). Fred Dubé m’insulte sur Facebook et m’injurie sur Twitter. Ses attaques sont vicieuses, sa méthode est minable. 

Mais je n’ai pas ressenti une seule once de satisfaction quand j’ai vu son nom en grosses lettres dans mon Journal, à côté du témoignage de deux femmes qui l’associent à «de la violence psychologique, verbale, sexuelle». 

Pas une seule seconde je ne me suis dit: «Il a ce qu’il mérite, bien fait pour lui». Pourquoi? Parce que je ne sais pas ce que Fred Dubé a fait ou pas. Et vous ne le savez pas non plus.

Et comme dans tous ces cas qui s’accumulent au cours des derniers mois, j’éprouve un immense malaise quand je lis sur Facebook le témoignage d’Unetelle qui raconte que Dubé lui a fait ceci et le témoignage d’une autre qui corrobore que Dubé lui a fait cela. 

Il y en a même une qui nous a raconté dans les détails sur Facebook la fois où elle a couché avec Dubé alors qu’elle avait ses menstruations. Pourquoi assistons-nous à ce déballage public? Pourquoi sommes-nous des voyeurs involontaires de cette intimité exhibée?

En quoi les médias sociaux sont-ils un véhicule approprié pour faire le procès d’un individu? 

Non négociable

Je ne souhaite rien de mal à Fred Dubé. Je lui souhaite seulement de pouvoir présenter sa version des faits devant les autorités appropriées.

Je vais défendre bec et ongles les principes de base de notre État de droit, peu importe l’identité de celui qui est visé. 

La présomption d’innocence n’est pas à géométrie variable.

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