/finance/business
Navigation

Le clan Bouclin est débouté, mais ne s’avoue pas vaincu

Il veut en appeler du jugement qui donne raison aux prêteurs de Groupe Sélection

GEN - LANCEMENT TRAVAUX CONSTRUCTION EM
Photo d'archives, Martin Alarie Réal Bouclin, actionnaire principal de Groupe Sélection, lors d’un point de presse, à Laval, en 2019. Le juge Michel A. Pinsonnault, de la Cour supérieure, a,semble-t-il, déploré, lundi, le manque de transparence et « l’approche en catimini » de l’équipe dirigée par M. Bouclin.

Coup d'oeil sur cet article

Insatisfaite de la décision de la Cour supérieure, qui penche du côté des prêteurs du géant immobilier, la direction de Groupe Sélection a annoncé lundi soir son intention de faire appel du jugement rendu plus tôt dans la journée par le tribunal. 

« Groupe Sélection est en désaccord avec de nombreux éléments de droit retenus dans les conclusions du jugement qui vont à l’encontre d’une restructuration financière efficace [...] », a déclaré par communiqué le président et chef de la direction de l’entreprise, Réal Bouclin.

Le plus important propriétaire et exploitant de résidences privées pour aînés (RPA) au Québec entend donc demander la permission d’appeler du jugement, qui vient tout juste d’être rendu, et prévoit réclamer en même temps l’imposition d’« un sursis » afin que celui-ci ne puisse être exécuté avant la fin des procédures judiciaires.

Quelques heures plus tôt, le tribunal avait donné raison aux prêteurs de Groupe Sélection et confié la responsabilité des procédures de redressement à venir aux équipes de PricewaterhouseCoopers (PwC). 

Dans une décision attendue, au terme de quatre jours d’audience la semaine dernière, le juge Michel A. Pinsonnault a rejeté lundi le plan de redressement de l’entreprise et accueilli d’un bloc la demande présentée par la Banque Nationale du Canada, au nom de huit institutions financières. 

Plus d’un milliard de dettes

Aux prises avec de graves problèmes financiers, on se souviendra que Sélection s’était placée sous la protection de la LACC, le 14 novembre dernier. 

Les créances de celle-ci, envers le syndicat bancaire, atteindraient les 272 millions de dollars. À ces dernières, selon Groupe Sélection, s’ajouteraient des dettes d’au moins 995 M$ envers ses employés, des fournisseurs et d’autres prêteurs hypothécaires.

Manque de transparence

Au bord de la faillite, l’entreprise à la structure particulièrement complexe – pas moins de 137 sociétés apparentées sont impliquées – suggérait que les commandes des procédures de restructuration soient confiées à un duo constitué de FTI Consulting, à titre de contrôleur, et de l’homme d’affaires Herbert Black, à titre de financier intérimaire. 

De son côté, le regroupement des institutions prêteuses proposait plutôt les services de PwC.

Pour un ensemble de raisons, expliquées dans un jugement de 25 pages, dont un, apparemment, concernant le manque de transparence de la direction et la perte de confiance de nombreux partenaires à son endroit, le juge Pinsonnault a finalement opté pour le plan de redressement présenté par ce dernier. 


Une situation financière très inquiétante

  • 56 % de ses résidences seraient déficitaires.
  • Taux d’occupation moyen : 80 %

Quelques créances connues :

  • 272,2 M$ au syndicat bancaire
  • 925 M$ à des prêteurs hypothécaires
  • 63,5 M$ à 118 M$ à divers fournisseurs
  • 6,8 M$ à ses employés (rémunérations en vacances) 

Des hypothèques légales à la pelle 

Signe d’inquiétude, une trentaine d’hypothèques légales ont été inscrites sur des projets immobiliers menés par le Groupe Sélection au cours de la seule semaine dernière, a appris Le Journal.

Ces hypothèques, d’un montant total de 6,65 millions de dollars, ont été inscrites par un peu plus d’une vingtaine d’entreprises du secteur de la construction, actuellement à l’œuvre dans cinq projets immobiliers du Groupe Sélection.

L’hypothèque légale permet aux entrepreneurs ayant participé à la construction ou à la rénovation d’un immeuble de protéger les sommes qui leur sont dues pour les travaux effectués. Normalement, une telle hypothèque a priorité sur les hypothèques conventionnelles même si celles-ci ont été publiées avant.

Cinq projets visés

Cinq projets spécifiques du Groupe Sélection ont été visés par les entrepreneurs la semaine dernière. On parle du Lokia Saint-Sacrement de Québec, du Sélection Retraite Repentigny, du complexe Liva de Mirabel, du complexe District Union de Lachenaie (Terrebonne) et du Veritage Lachine (ou 2100 Remembrance) de Montréal.

Les deux plus importantes hypothèques légales concernent des travaux de coffrage. L’une d’entre elles a été inscrite par Coffrage Forma+, pour des travaux de 1,2 M$, à Mirabel. La seconde a été enregistrée par Coffrages Atlantique, pour des travaux de 881 902 $, à Repentigny.

Incidemment, le nouveau complexe Liva de Mirabel, dont les travaux ont débuté au cours de l’été, est le projet qui compte le plus important montant d’inscription d’hypothèques légales depuis une semaine. Les sept hypothèques inscrites totalisent pas moins de 2,46 M$.

Le Lokia Saint-Sacrement de Québec a obtenu, pour sa part, dix nouvelles hypothèques légales pour un montant totalisant 2,13 M$. Enfin, le Sélection Retraite Repentigny a vu huit nouvelles hypothèques légales être inscrites sur son bâtiment, pour une valeur de 1,64 M$.

– Avec la collaboration de Philippe Langlois, du Bureau d’enquête

Vous avez un scoop à nous transmettre?

Vous avez des informations à nous communiquer à propos de cette histoire?

Vous avez un scoop qui pourrait intéresser nos lecteurs?

Écrivez-nous à l'adresse ou appelez-nous directement au 1 800-63SCOOP.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.