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Inflation: moins d'argent pour les soupers-bénéfices

Le directeur général du Patro Roc-Amadour, à Québec, Clément Lemieux
Photo Stevens LeBlanc Le directeur général du Patro Roc-Amadour, à Québec, Clément Lemieux

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Des demandes d’aide qui explosent, des coûts d'exploitation qui grimpent et des événements-bénéfices de plus en plus difficiles à vendre: l’inflation frappe les organismes communautaires sur tous les fronts.

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Trois semaines avant la tenue de son souper-bénéfice en soutien aux personnes autistes, le Patro Roc-Amadour de Québec a failli tout annuler, car il y avait seulement 69 billets vendus. Mais le directeur général Clément Lemieux a refusé de baisser les bras, il a motivé l’équipe, tout le monde a augmenté les efforts, si bien que, finalement, 200 convives ont été reçus le 12 novembre.  

«On obtient des résultats en travaillant beaucoup plus fort qu’avant. Ça prend trois mois plutôt qu’un mois pour atteindre nos ventes», observe M. Lemieux.  

De plus, il a fallu augmenter le coût des billets de 75$ à 100$ pour générer les mêmes revenus qu’au dernier souper-bénéfice, avant la pandémie, car le prix des denrées a augmenté et les commandites sont plus serrées. 

«À une certaine époque, on recevait plus de gratuité. Là, les entrepreneurs nous aident beaucoup, nous offrent des bons prix, mais eux aussi sont impactés par l’inflation sur les salaires et leurs coûts de production», remarque M. Lemieux. 

Le directeur général du Patro Roc-Amadour, à Québec, Clément Lemieux
Photo Stevens LeBlanc

Au service de personnes vulnérables, le Patro doit aller chercher les deux tiers de son budget d'exploitation dans la communauté, comme le Centre de pédiatrie sociale des Appalaches, qui se creuse lui aussi les méninges pour générer suffisamment de revenus. Les événements-bénéfices ne rapportent plus autant qu’avant.  

«Les gens font des petits dons de 20$, mais participent moins aux gros événements. On dirait qu’ils attendent de voir la résultante de l’inflation. Peuvent-ils encore se permettre de soutenir des causes? On entend le questionnement», souligne Claudia Huppé-Proulx, directrice générale. 

Avant la pandémie, le Centre organisait un seul souper-bénéfice chaque année, pour récolter 15% de ses revenus autonomes. En 2022, le souper va générer moins de 10% des revenus. Il faut maintenant faire plus d’activités pour boucler le budget. En mai, l’organisme vend des boîtes-repas gastronomiques pour deux à consommer à la maison. Ça peut se vendre moins cher qu’une soirée en salle, alors ça reste accessible aux particuliers. 

«Pour le souper-bénéfice, on vise maintenant la clientèle corporative, qui achète une ou deux tables, et on offre de la visibilité aux entreprises. On s’est tourné vers cette voie. M. et Mme Tout-le-Monde ont moins les moyens de s’offrir des billets à 120-130$», constate Mme Huppé-Proulx. 

«On sent une volonté du monde corporatif à tendre la main pour nous soutenir», affirme aussi Sandra Ferguson, de la Fondation Sourdine, qui note par ailleurs une plus grande difficulté à signer des partenariats de longue durée. 

Le Centre de pédiatrie sociale des Appalaches a embauché une nouvelle employée à temps partiel pour soutenir la directrice dans la recherche de partenariats. Le Patro Roc-Amadour ouvre un poste à temps complet pour augmenter ses revenus. Il estime devoir générer près de 150 000$ de revenus annuels supplémentaires d’ici 2024 pour accomplir sa mission, car les besoins croissent. 

«On ressent l’inflation très fortement au service de sécurité alimentaire, soit les dépannages d’urgence et la popote roulante. On est à notre capacité maximale, on aide 150 familles par semaine. Avant la pandémie, c’était 80 à 100 familles», dit Clément Lemieux.  

L’inflation fait pression sur les salaires aussi. Le Patro peine notamment à recruter des éducateurs spécialisés pour sa clientèle. Les salaires qu’il peut offrir sont de 5 à 7$ inférieurs à ceux du réseau de la santé, qui vient maintenant chercher sa main-d’œuvre dans les cégeps.  

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