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Julien Lacroix, la suite

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C’est quand même contradictoire. 

Quand dans Le Devoir une femme journaliste (Améli Pineda) a publié un dossier fouillé sur des allégations d’agressions sexuelles contre Julien Lacroix, on a souligné le geste féministe. 

Mais quand dans La Presse et au 98,5 FM, deux femmes journalistes (Isabelle Hachey et Marie-Ève Tremblay) publient un dossier et diffusent un podcast fouillés, on crie au « backlash antiféministe ». 

LE TSUNAMI #MOIAUSSI

C’est quand même incroyable.

Quand les dénonciatrices de Julien Lacroix ont parlé au Devoir, elles se sont fait dire : « Je te crois ».

Et deux ans plus tard, quand plusieurs de ces mêmes femmes disent regretter d’avoir témoigné, elles se font dire : « Je ne te crois pas ».

Quand Le Devoir leur a tendu un micro en 2020, on soulignait l’importance de « libérer la parole des femmes ». 

Mais quand La Presse et le 98,5 FM leur tendent un micro en 2022, on leur dicte ce qu’elles auraient dû dire, on leur dit que leur prise de parole est influencée. Et on affirme de façon très paternaliste et condescendante qu’elles ont tort d’éprouver de la culpabilité face à la peine sévère qui a été infligée à Lacroix.

C’est quand même frustrant ! 

Quand une femme parle au Devoir en disant que Lacroix est un monstre, les néoféministes sont derrière elle. Mais quand deux ans plus tard cette même femme, parlant des mêmes événements, apporte des nuances, elle est jugée comme une traître à la Cause.

Elle a osé dévier du « narratif ». Elle donne des munitions au camp d’en face, à ceux qui dénoncent les dérapages de #metoo.

Je trouve très étrange que des commentateurs disent aujourd’hui que l’enquête Hachey-Tremblay aurait dû inclure des experts qui auraient pu expliquer le comportement des victimes qui vivent une ambivalence deux ans après leur dénonciation. Certaines ont même dit que Tout le monde en parle ne pouvait pas recevoir Isabelle Hachey, Marie-Ève Tremblay et Geneviève Morin (l’ex de Julien Lacroix) sans recevoir aussi une spécialiste des traumatismes sexuels (ce qui a finalement été fait avec la présence de Jenny Charest du CAVAC de Montréal).

Pourtant, ces mêmes personnes n’ont pas dit un mot pour exiger, en 2020, que l’enquête du Devoir inclue des experts qui auraient pu expliquer le comportement de dénonciatrices qui agissent soit par vengeance, par inconscience, par volonté de donner une leçon ou par militantisme, pour faire avancer une Cause.

Le système de justice n’est pas parfait mais c’est quand même mieux que le simulacre de procès bâclé qui se déroule en ce moment sur la place publique, avec en prime une estrade remplie de gérants qui commencent toutes leurs phrases par « Moi je pense que... ». 

  • Écoutez la rencontre Durocher-Dutrizac avec Sophie Durocher sur QUB radio :

REMETTRE LES PENDULES À L’HEURE

Hier à Tout le monde en parle, Isabelle Hachey de La Presse a rappelé que beaucoup de femmes qu’elle a interviewées se sont senties mal à l’aise face au processus d’enquête du Devoir

Dans le balado du 98,5 FM, la journaliste Marie-Ève Tremblay affirme au sujet de la dénonciatrice Alice Payer : « Elle précise qu’elle n’a pas changé son discours mais elle veut exposer le fait que selon elle, il a mal été utilisé dès le départ ». 

C’est ça qu’il faut retenir du dossier du Devoir : des témoignages mal utilisés, instrumentalisés, montés en épingle.

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