/finance/business
Navigation

Le Vamox: une technologie qui détruit le méthane

Le Vamox de la Québécoise Biothermica est destiné aux mines de charbon ainsi qu’aux sites d’enfouissement

Guy Drouin, PDG de Biothermica Technologies
Photo courtoisie Guy Drouin, grand patron de Biothermica Technologies, en visite dans une mine de charbon souterraine aux États-Unis.

Coup d'oeil sur cet article

Une PME d’ici a développé une technologie capable d’éliminer près de 10 % de l’empreinte carbone mondiale, et vient de conclure sa première installation majeure dans une mine de charbon américaine. 

• À lire aussi: Réduction du méthane: une entreprise québécoise lance une installation aux États-Unis

« Il n’y a aucun livre à Polytechnique là-dessus ! » lance Guy Drouin, PDG de Biothermica, pour illustrer la nouveauté de leur technologie.

La PME d’une soixantaine d’employés compte parmi les deux seules entreprises au monde à offrir le système novateur. 

Son unité Vamox permet de détruire la quasi-totalité du méthane émis par l’extraction et la production du charbon d’une mine souterraine. 

Puissant gaz à effet de serre

Après 15 années de recherche, Biothermica vient de faire sa première installation sur le système de ventilation d’une mine en Virginie. À la différence des mines à charbon thermiques que l’on remplace graduellement par les énergies renouvelables, Vamox s’adresse aux mines dont le charbon est utilisé pour la fabrication de l’acier. 

Le méthane, un puissant gaz à effet de serre bien plus nocif que le CO2, est responsable du tiers du réchauffement planétaire. Loin de baisser, ses émissions pourraient croître de 45 % d’ici 2030 si des mesures intensives ne sont pas mises en œuvre. Il est donc prioritaire de s’y attaquer. 

Les technologies développées par Biothermica ciblent les sites d’enfouissement et les mines de charbon, qui sont responsables de près de 10 % du réchauffement planétaire. M. Drouin croit détenir une solution rapide et rentable pour contribuer à la lutte aux changements climatiques. Mais il faut peser fort sur l’accélérateur.

« Il y a un sérieux coup de barre à faire, estime M. Drouin. C’est le chantier de la survie. [...] Ces derniers 50 ans, on a doublé l’empreinte carbone de la planète. On a tué 70 % de la biodiversité. La planète n’a jamais eu un choc aussi rapide. » Et les conséquences à venir seront désastreuses, s’inquiète le PDG.

Marché carbone essentiel

Dans ce sens, l’adoption rapide d’un marché carbone mondial lui apparaît essentielle. En fait, sans l’existence d’un marché carbone Québec-Californie, l’affaire américaine de Biothermica n’aurait jamais pu voir le jour. 

Pour convaincre son client minier, M. Drouin a fait une offre pour le moins alléchante : il achète sa pollution. Détruire ses émissions polluantes ne coûte rien à la mine. En éliminant les émissions de méthane, Biothermica gagne des crédits carbone et les revend sur le marché. Elle finance ainsi les installations de la mine pour plusieurs millions de dollars américains.

Le marché carbone appose un prix sur la pollution. Les entreprises ont donc un incitatif à réduire leurs émissions, et sont pénalisées financièrement si elles polluent beaucoup. Pour M. Drouin, la plupart des entreprises polluantes ne dépenseront pas d’argent pour réduire leurs émissions sans y être obligées. 

Avec sa première installation validée sur une mine d’importance et détenue par une entreprise publique australienne, la PME montréalaise vient de s’ouvrir les portes du marché international. Son PDG espère bientôt détruire le méthane en Australie, en Europe, et ultimement en Chine, premier pays émetteur.

Vous avez un scoop à nous transmettre?

Vous avez des informations à nous communiquer à propos de cette histoire?

Vous avez un scoop qui pourrait intéresser nos lecteurs?

Écrivez-nous à l'adresse ou appelez-nous directement au 1 800-63SCOOP.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.