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Les cégépiens réclament un coup de barre pour améliorer la maîtrise du français

Ils veulent des changements dès le primaire et l’accès à un logiciel de correction

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Des cégépiens sont mal préparés pour faire face aux exigences en français, déplore la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), qui réclame un grand coup de barre dès le primaire, en plus notamment de l'accès à un logiciel de correction dans le cadre d’une refonte complète de l’épreuve uniforme de français.  

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La fin de semaine dernière, la FECQ a adopté plusieurs recommandations visant à améliorer la maîtrise de la langue de Molière chez les cégépiens. 

Cette prise de position survient dans la foulée de l’adoption de la loi 96, le printemps dernier, qui vise à renforcer la place du français comme langue de travail et d’enseignement. 

Pour sa présidente, Maya Labrosse, le renforcement des compétences en français doit commencer bien avant l’arrivée au collégial, puisque plusieurs notions de grammaire devraient être maîtrisées dès le primaire et tout au long du secondaire. 

«Le travail doit être entamé beaucoup plus tôt qu’au collégial, dit-elle. On a l’impression qu’il y a moyen de permettre à la population étudiante collégiale d’être mieux outillée en français quand elle arrive au cégep.»

Parmi les pistes de solutions proposées, la Fédération réclame notamment que les écoles consacrent un minimum de 200 heures à l’enseignement du français chaque année. Au fil des ans, la multiplication des programmes particuliers a mené à une diminution des périodes de français dans la grille-matières. 

Québec devrait de surcroît «encourager fortement» les enseignants à souligner les fautes de français commises dans d’autres matières, sans qu'elles comptent dans la note finale, lit-on dans le mémoire rédigé par la FECQ. 

«En faisant prendre conscience à l’élève de ses fautes, au primaire et au secondaire, on peut s’améliorer par la suite», affirme Maya Labrosse. 

Présentement, les enseignants ne sont pas tenus de corriger les fautes de leurs élèves si elles ne sont pas commises dans le cadre d’une production écrite en français. Un élève peut obtenir 100% dans un examen de compréhension en lecture même si ses réponses sont bourrées de fautes. 

Au cégep, le financement des centres d’aide en français devrait être bonifié, car il n’est pas à la hauteur des besoins, soutient la Fédération, qui aimerait par ailleurs que tous les étudiants qui le souhaitent puissent avoir accès à des cours de renforcement en français. 

  • Écoutez la rencontre Martineau-Dutrizac avec Richard Martineau sur QUB radio :

Épreuve uniforme de français

La FECQ réclame par ailleurs une grande refonte de l’épreuve uniforme de français, dont la réussite est obligatoire pour l’obtention du diplôme d’études collégiales. 

Plus du quart des cégépiens n’obtiennent pas la note de passage en orthographe à cet examen. 

L’épreuve, si elle était maintenue dans sa forme actuelle, devrait être 100% numérique, affirme Maya Labrosse. Présentement, elle se déroule en version papier-crayon avec un accès limité à des documents de référence, même si elle s’est déroulée à l’écran pendant la pandémie. 

«Le contexte de l’épreuve est artificiel. Il n’y a pas assez de dictionnaires dans une classe pour le nombre de personnes qui passent l’examen alors que dans la vraie vie, n’importe qui peut utiliser un logiciel de correction. On ne voit pas en quoi c’est niveler par le bas de rendre le contexte plus adapté à la réalité», soutient Mme Labrosse. 

Si un logiciel de correction était autorisé lors de l’épreuve, la grille de correction pourrait d’ailleurs être rehaussée afin d’en tenir compte et d'éviter de diminuer les exigences, ajoute-t-elle. 

Le débat sur la modernisation de l’épreuve uniforme de français avait été, l'an dernier, lancé par la Fédération des cégeps, qui avait proposé d’enseigner l’utilisation d’un logiciel de correction en classe afin qu’il soit par la suite autorisé lors de l’épreuve de langue. 

De son côté, préoccupée par les lacunes des étudiants en français, l’ex-ministre de l’Enseignement supérieur Danielle McCann avait mis sur pied un groupe de travail pour établir des pistes de solutions, mais le rapport de ce comité n’a jamais été rendu public, déplore la Fédération étudiante collégiale du Québec. 

  • Écoutez l'entrevue avec Maya Labrosse, Présidente de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) à l’émission de Mario Dumont diffusée chaque jour en direct 16 h 22 via QUB radio :

L’enseignement de l’anglais doit être renforcé lui aussi

Au secondaire, l’enseignement de l’anglais devrait être renforcé lui aussi dans les écoles francophones, afin de diminuer l’intérêt pour les cégeps anglophones, plaide la Fédération étudiante collégiale du Québec. 

«Si la population étudiante avait accès à plus de cours d’anglais de qualité au primaire et au secondaire, leur permettant d’atteindre un niveau d’anglais acceptable pour le marché du travail, moins de personnes étudiantes francophones feraient le choix d’étudier en anglais au collégial», affirme l’organisation dans un mémoire adopté en fin de semaine. 

Selon plusieurs études, l’apprentissage d’une langue seconde «ne met pas en péril la survie de la langue française au Québec», souligne la FECQ. 

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