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L’humoriste Fred Dubé visé par des allégations d’agressions sexuelles par deux autrices

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Les autrices Mélodie Drouin et Catherine Ethier ont accusé l’humoriste Fred Dubé d’agressions sexuelles au courant de la fin de semaine. 

Samedi, Mélodie Drouin a fait une première sortie publique, après la parution d’un article de «La Presse» en lien avec l’affaire Julien Lacroix.

«Le 21 juin 2017, dans son appartement de Montréal, l'humoriste Fred Dubé m'agresse», a-t-elle écrit d’emblée, ajoutant avoir par la suite eu des rencontres avec une intervenante des Centres d’aides aux agressions sexuelles (CALACS).

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Dans ce même message, publié sur Facebook, elle a également indiqué que l’humoriste et sa conjointe de l’époque, l’autrice et chroniqueuse Catherine Ethier, auraient ensuite entamé des démarches auprès de la police pour la faire taire, recevant également une mise en demeure signée par le couple.

JO�L LEMAY/AGENCE QMI

Mme Ethier a réfuté dimanche toute implication conjointe dans cette affaire alléguée. Dans un texte rédigé de sa plume sur les réseaux sociaux, elle assure que M. Dubé aurait fait ses démarches seul. «Fred Dubé est allé seul au poste de police, est allé seul faire sa déposition, s’est organisé seul avec SES problèmes», a-t-elle précisé.

Dans sa publication, l’autrice qui confirme avoir été en couple pendant quatre ans avec l’humoriste dit qu’elle aurait également été l'une de ses victimes. «Au cours de cette relation, Fred Dubé m’a agressée sexuellement. Il m’a menacée physiquement, sans jamais me frapper. Ces gens-là savent quand arrêter le poing. J’ai vécu de la violence psychologique, verbale, sexuelle. Je ne compte plus les humiliations qu’il m’a fait subir, dans la sphère privée comme publique. Les trahisons. Il m’a aussi menacée, une fois, de nous tuer tous les deux», a-t-elle poursuivi.

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L’humoriste lui aurait également «été infidèle à de nombreuses reprises, dont un épisode avec [Mme Drouin]». «Sa dénonciation pour agression sexuelle est venue à mes oreilles quand elle a écrit aux divers employeurs et amis de Fred Dubé pour les prévenir qu’ils côtoyaient un agresseur, quelques mois après que cette personne m’ait écrit pour m’informer que j’étais cocue. J’ai, à ce moment, quitté Fred Dubé. Je n’ai pas coupé tout contact avec lui parce que les relations toxiques sont complexes. Mais j’ai fini par couper les ponts», a ajouté l’autrice dans son message.

«J'entends Mme Ethier. Je n'ajoute rien d'autre, sinon que je la crois. Ma parole m'appartient. La sienne lui appartient», a répondu Mélodie Drouin dans une deuxième publication, parue dimanche sur son compte Facebook.

Mme Drouin avait également souligné samedi que si M. Dubé voulait la poursuivre en diffamation «comme il l'a menacée, plutôt que d'entamer un réel processus de réflexion et de réparation, qu'il le fasse». «J'ai peur, non pas parce que je mens, mais parce que les tempêtes font toujours peur. Je parle quand même», a-t-elle écrit.

Une troisième victime a pris la parole contre Fred Dubé dimanche. L’ayant fréquentée pendant quelques mois, alors qu'elle avait 21 ans et que lui en avait 35, la jeune femme âgé de 24 ans maintenant a écrit dans une publication avoir eu du mal à terminer sa lecture du témoignage d’une des dénonciatrices «tellement il faisait écho à ma propre expérience avec cet homme», a-t-elle indiqué.

Anne Morais avait, en 2020, partagé l’expérience traumatique qu’elle a eue avec l’humoriste, sans toutefois le nommer à l’époque.

«En voulant me prêter de manière individuelle et personnelle à cet exercice, je me suis mise à repenser ma propre sexualité. J’ai revisité les manières dont mon corps a été pris sans mon consentement par le passé, mais également les épisodes apparemment consentis de ma vie sexuelle qui m’ont pourtant profondément troublée», a-t-elle écrit en prémisse de son témoignage.

Elle explique avoir eu des relations sexuelles avec l'homme qui ont fait naître en elle un grand sentiment de malaise à son endroit. Elle y décrit notamment un «rapport étrange et asymétrique» entre eux dû à «une attraction, de lui à moi, profondément liée au pouvoir qu’il avait sur moi.»

Rejointe au téléphone lundi, elle s’est dite convaincue que beaucoup d’hommes pourraient se reconnaitre dans son témoignage et «se dire qu’ils ont au moins mis une fille dans cette situation-là.» «Sans être des méchants, sans les antagoniser, ce sont des produits de la socialisation», a-t-elle dit à l’Agence QMI.

«Pour moi, la priorité c’est en fait de montrer le caractère normalisé de ce comportement. On se rend compte rapidement que pas mal toutes les femmes ont des histoires comme celle-là à raconter et c’est considéré comme «normal». C’est ce qui est terrifiant en fait», a-t-elle poursuivi.

De son côté, Fred Dubé a indiqué dans un message, aussi publié sur Facebook avant qu’il ne le retire, qu’il avait porté plainte à la police deux fois à l’encontre de Mme Drouin, pour extorsion d'argent, harcèlement et diffamation.

Il a aussi indiqué dans cette publication – dans laquelle il a dévoilé de nombreux textos envoyés par sa victime – avoir, à l'automne 2020, proposé à Mme Drouin d'aller en médiation pour dénouer cette histoire, ce qu'elle aurait refusé.

À la lumière des dénonciations à l’endroit de Fred Dubé, le Conseil d’administration du journal citoyen «Le Mouton noir», auquel collaborait l'humoriste, a décidé de suspendre M. Dubé le temps que la lumière soit faite sur la situation, a indiqué Valérie Belleau-Arsenault, présidente du Conseil d’administration, dimanche soir sur Facebook.

Catherine Ethier et Mélodie Drouin ont fait savoir qu’elles ne commenteraient plus l’affaire.

- Avec les information de Frédérique De Simone

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