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Déclin du Québec: gros devoirs pour les fédéralistes

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Je reviens sur ce sujet parce qu’il est trop déterminant pour l’avenir du Québec: la diminution du poids du Québec dans la fédération canadienne.

Nous connaissons déjà la tendance: depuis un demi-siècle, le poids démographique du Québec dans le Canada diminue. Nous représentions 30% du Canada, puis le quart et, plus récemment, nous n’étions plus que 23%.

Mais le dernier recensement nous a appris deux choses. Aujourd’hui, nous sommes passés sous cette barre des 23%. Et les projections de Statistique Canada basées sur le recensement annonçaient que le Québec passerait rapidement sous la barre des 20%, soit dans seulement 20 ans.

Or, ce scénario, bien qu’il soit alarmant, ne tenait pas compte des nouvelles cibles d’immigration rehaussées du gouvernement Trudeau. Le seuil annuel est relevé à un demi-million de nouveaux arrivants. Nous savions instinctivement que ce changement radical allait accélérer le déclin du poids du Québec, mais à quel point?

Nouveaux seuils d’immigration

La Presse a eu l’idée de demander à Statistique Canada de refaire ses estimations en y introduisant la réforme de l’immigration du gouvernement Trudeau. Dans ce scénario, le Québec passerait sous la barre des 20% dès 2036 et ne représenterait plus que 18% de la population canadienne en 2047. Ahurissante glissade!

En résumé, dans 25 ans, le Québec sera devenu un joueur insignifiant de la fédération canadienne. Moins d’électeurs, moins de députés, moins de ministres: le Québec aura nettement moins d’influence. Un parti pourra aisément gagner les élections en se foutant du Québec.

Au-delà des chicanes constitutionnelles et des différends sur l’identité, la perte de poids du Québec devient le fait politique numéro un du prochain quart de siècle. Les choses déboulent à une vitesse inimaginable et les impacts politiques seront violents.

Ce changement politique n’interpelle pas particulièrement les souverainistes. Ces derniers ont une réponse toute faite: sortons du Canada et gérons notre propre pays.

Quel Canada?

C’est plutôt les tenants du fédéralisme qui vont devoir travailler sérieusement à offrir une vision crédible et ambitieuse dans le cadre de ce déclin démographique. Jusqu’à ce jour, cette variable n’a pas été intégrée dans leur discours.

À toutes les époques, les défenseurs de l’adhésion du Québec à la fédération ne se sont pas contentés de rejeter l’idée d’indépendance ou de vanter les mérites du fédéralisme. Ils ont donné un sens à cette appartenance au Canada. Ils ont suggéré des pistes pour l’évolution de la place du Québec dans le Canada.

Tantôt les fédéralistes proposaient une évolution par des changements constitutionnels au Canada, tantôt ils suggéraient des alliances pour améliorer le rapport de force du Québec.

Ces dernières années, le Parti libéral a été amorphe dans le développement d'une nouvelle vision du fédéralisme. On s’attend à plus.

Quant à la CAQ, son nationalisme à l’intérieur du Canada sous-tend l’existence d’un certain rapport de force. La perte de poids du Québec forcera François Legault à repenser sa stratégie.

Les choses vont vite...

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