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La Crimée, sous contrôle russe, frappée par une attaque de drones

La Crimée, sous contrôle russe, frappée par une attaque de drones
AFP

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La stratégique péninsule ukrainienne de Crimée, que Kyiv veut reprendre à Moscou qui y base sa flotte de la mer Noire, a été visée mardi par une attaque de drones, sans grand dommage selon les autorités locales prorusses.

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Depuis un forum au Maroc consacré au «dialogue des civilisations», le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a prévenu qu'«une rhétorique dangereuse fait monter les tensions nucléaires», au moment où les pays occidentaux accusent Moscou de brandir la menace d'une guerre atomique afin de les dissuader de soutenir l'Ukraine.

Sur ce point, le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kouleba a mis en garde l'Union européenne mardi contre la «fatigue» face à la guerre en Ukraine qui semble partie pour durer, pressant l'adoption d'un nouveau paquet de sanctions contre Moscou.

«Si nous, les Ukrainiens, ne sommes pas fatigués, le reste de l'Europe n'a pas de droit moral ni politique de se fatiguer», a martelé le ministre. 

Deux drones abattus

En Crimée, le gouverneur installé par Moscou de la région administrative de Sébastopol, Mikhaïl Razvojaïev a signalé «une attaque avec des drones». «Nos forces de défense aérienne sont en action à ce moment même», a-t-il indiqué dans un premier message sur Telegram, appelant les habitants à «rester calmes».

Selon un second message de M. Razvozhayev, qui n'a pas fait état de victime, aucune infrastructure civile n'a été endommagée.

Il a indiqué que la défense antiaérienne avait abattu deux drones près de la centrale électrique de Balaklava, qui a déjà subi des attaques de l'armée ukrainienne par le passé. «Maintenant, la ville est calme», a déclaré M. Razvozhayev.

La flotte russe de la mer Noire est basée dans le port de Sébastopol. Elle y avait été attaquée fin octobre par ce que les autorités prorusses ont qualifié d'attaque de drones «massive» de l'armée ukrainienne.

Cette opération, qui a endommagé au moins un navire militaire russe, a conduit Moscou à se retirer brièvement de l'accord permettant l'exportation des céréales ukrainiennes.

Kyiv a infligé plusieurs humiliations à la flotte russe dont les missiles de croisière frappent régulièrement son territoire. Au printemps, l'Ukraine avait notamment coulé le navire amiral russe, le croiseur Moskva.

La Russie avait annexé la Crimée en 2014 et Kyiv, dont l'armée ne cesse de faire reculer celle de Moscou dans le Sud ukrainien, ambitionne de la reconquérir.

Mikolaïv presque «libre»

Le gouverneur de la région avait déclaré la semaine dernière que les autorités renforçaient leurs positions sur la péninsule, alors que les forces de Kyiv récupèrent des territoires dans la région voisine de Kherson.

En août, une attaque de drone contre l'état-major de la flotte russe à Sébastopol n'avait pas fait de blessés.

Mais le 31 juillet, un autre de ces engins avait atterri dans la cour de l'état-major, faisant cinq blessés parmi ses employés et provoquant l'annulation de festivités militaires prévues ce jour-là.

Ailleurs sur le front, Ukrainiens et Russes s'affrontaient mardi sur la pointe de Kinbourne, bout de terre niché à la pointe de la rive gauche du Dniepr dans le sud de l'Ukraine, au sud de Mikolaïv, selon les autorités ukrainiennes.

«Il nous reste trois localités (à reprendre) sur la péninsule de Kinbourne» avant de libérer entièrement la région de Mikolaïv (sud), a affirmé le gouverneur régional, Vitali Kim.

La prise par l'armée ukrainienne des trois derniers villages de la région de Mikolaïv aux mains des Russes marquerait une nouvelle victoire importante pour Kiev, quelques jours après avoir chassé les troupes de Moscou de Kherson, principale ville ukrainienne occupée jusque-là, après une contre-offensive de deux mois. La Russie avait conquis cette zone dans les premiers jours de son invasion, lancée le 24 février.

A Kherson même, le parquet général ukrainien avait annoncé lundi avoir trouvé quatre «sites de torture» utilisés par les Russes avant leur retraite forcée de la région il y a une dizaine de jours, Kiev accusant Moscou de crimes de guerre - comme ce fut déjà le cas dans de nombreuses zones reprises aux Russes.

Mardi, les enquêteurs ukrainiens ont affirmé avoir arrêté pour «trahison» - passible de la perpétuité en Ukraine - un responsable des centres de détention provisoire russes à Kherson ayant «travaillé pour les envahisseurs (...) en tant que responsable des centres de détention provisoire et des lieux d'exécution des peines».

Trois morts en Russie

En Russie, des explosions ont tué trois personnes dans la région de Belgorod, frontalière de l'Ukraine, a annoncé mardi le gouverneur de ce territoire régulièrement frappé par des tirs attribués à l'armée ukrainienne et où des fortifications sont en construction.

Sur Telegram, le gouverneur Viatcheslav Gladkov a indiqué qu'une femme était morte après un bombardement à Chebekino, ville située à huit kilomètres de l'Ukraine.

Selon la même source, deux personnes ont péri dans l'explosion «d'une munition d'un type non identifié» dans le village de Starosselié, également frontalier de l'Ukraine.

La capitale régionale, également nommée Belgorod, a déjà été touchée directement à plusieurs reprises. 

Le chef du groupe paramilitaire russe Wagner, Evguéni Prigojine, a ordonné la construction de fortifications dans les régions russes de Belgorod et de Koursk, ainsi que dans la région de Lougansk occupée par Moscou dans l'est de l'Ukraine. La semaine dernière, Moscou avait aussi annoncé des travaux de fortifications en Crimée.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a de son côté appelé les maires français à fournir de l'aide à son pays pour empêcher la Russie d'utiliser le froid cet hiver «comme arme de destruction massive», dans un message diffusé lors du congrès de l'Association des maires de France (AMF) à Paris. 

«Pour survivre à cet hiver et empêcher la Russie de transformer le froid en instrument de terreur et de soumission, nous avons besoin de beaucoup de choses», a-t-il ajouté.

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