/misc
Navigation

#MoiAussi: le temps change les perspectives

Coup d'oeil sur cet article

Si les cinq dernières années ne vous avaient pas fait remettre en question vos a priori en lien avec les agressions à caractère sexuel, les deux dernières semaines y sont probablement parvenues.

L’ancien député Harold LeBel subit son procès au moment où le dossier Julien Lacroix refait surface.

Revoir les événements

Dans les deux cas mentionnés ci-dessus, les plaignantes admettent à plus d’une reprise avoir «changé de perspective» sur les événements qu’elles disent avoir vécus.

Le mouvement #MoiAussi a placé les victimes au cœur du débat, libérant enfin la parole de plusieurs femmes qui s’étaient réfugiées dans le silence trop longtemps.

Ce mouvement a aussi changé le point de vue de femmes qui, avant, n’auraient même pas pensé que ce qu’elles avaient vécu pouvait s’apparenter à une agression.

Ce qu’évoque la plaignante dans l’affaire Harold LeBel constitue certainement une agression à l’ère suivant #MoiAussi. Combien de ces situations ont autrefois été qualifiées de «mauvaises soirées»?

On s’est mal compris, on ne s’est pas senties respectées, on n’a pas eu de fun, on passe à autre chose. Des générations de femmes ont vécu ça.

Demandez à celles qui vous entourent si elles ont déjà vécu des événements comme ceux qui sont racontés par plusieurs dénonciatrices de Julien Lacroix, vous serez peut-être surpris.

Puis, le temps, le discours social, le contexte politique et juridique changent, et les perceptions aussi. Avec le recul, c’était bien une agression, même si au moment des faits elle n’a pas été vécue ainsi.

Cette réévaluation des événements passés est normale. Ce qui ne l’est pas, c’est qu’on refuse d’entendre cette même réévaluation quand elle se fait en sens inverse, c'est-à-dire quand une femme qui s’est affichée comme une victime revient sur cette démarche, quand elle ne se considère plus comme telle après réflexion, quand elle croit a posteriori que sa dénonciation n’était pas justifiée, puis qu’elle regrette d’être allée aussi loin.

Je te crois, mais juste des fois?

Il n’y a pas d’absolu dans le parcours de ces femmes. Cessons de vouloir les enfermer dans des rôles qu’elles refusent de jouer.

En d'autres mots, on doit cesser de faire pression sur les femmes pour qu’elles se disent victimes si elles ne se sentent pas comme telles, on doit cesser de qualifier de traîtresses celles qui regrettent leur dénonciation, comme si elles avaient une obligation de jouer le rôle d’accusatrice-victime uniquement pour «servir» la cause.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.