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Elvis Gratton is alive and well

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Hier matin, après avoir lu la chronique de Guillaume St-Pierre, j’ai refermé tranquillement mon Journal, j’ai terminé mon café, je me suis essuyé la bouche, je me suis levé, j’ai traversé lentement ma cuisine et je suis allé me taper la tête cinq fois de suite contre le mur.

Maudit qu’on est niaiseux.

Maudit qu’on est niaiseux !!!

IN THE GHETTO

Comme Guillaume l’écrivait dans son excellente chronique, ça fait cinq semaines que la Commission sur l’État d’urgence tient ses audiences à Ottawa.

Jusqu’ici, on a entendu une soixantaine de témoins.

Hier, trois hauts gradés FRANCOPHONES du SCRS ont témoigné devant un juge FRANCOPHONE.

« Vous pouvez témoigner en français ou en anglais », leur a dit le juge.

Dans quelle langue ont témoigné ces trois dirigeants du principal organisme responsable de la sécurité nationale ?

En anglais !

Quatre francophones ont discuté entre eux en anglais dans la capitale bilingue d’un pays bilingue !

Sweet Lord Jesus...

Vous savez pourquoi Michael Rousseau, le grand patron d’Air Canada, n’a jamais pris la peine d’apprendre un maudit mot de français, alors qu’il demeure au Québec depuis 14 ans ?

Parce qu’il savait qu’il suffit qu’un anglophone s’assoie à une table où se trouvent 20 francophones pour que les 20 francophones se mettent tous à parler anglais.

Qu’est-ce que vous voulez, on est niaiseux de même.

Trois francophones hauts gradés vont dans une commission d’enquête nationale, on leur permet de témoigner dans leur langue, mais ils choisissent volontairement, en toute liberté, sans que personne ne leur force la main, juste pour montrer qu’ils sont smattes et ouverts et gentils, alors qu’une loi protège supposément leur langue maternelle d’un océan à l’autre, de parler EN ANGLAIS !

Si ce n’est pas colonisé, mon nom est Alexander Graham Bell.

ALL SHOOK UP

Pierre Falardeau, qui a passé toute sa carrière à analyser, à dénoncer et à ridiculiser notre réflexe de colonisés, doit faire des doubles saltos arrière dans sa tombe.

C’est Elvis Gratton à la puissance trois.

Si nous-mêmes scions la branche sur laquelle nous sommes assis...

Si nous-mêmes refusons de parler notre langue alors que nous en avons parfaitement le droit...

Si nous-mêmes refusons d’utiliser une loi qui a été adoptée expressément pour nous protéger...

Voulez-vous bien me dire pourquoi les Canadiens qui ne parlent pas français continueraient de défendre NOTRE droit à parler NOTRE langue dans le pays que NOS ancêtres ont fondé ?

Alors que NOUS-MÊMES, on s’en sacre ?

« Un Québécois, c’est un fermier avec un cellulaire », m’a déjà dit un humoriste français.

Non, monsieur.

C’est un valet qui, lorsque son maître lui donne la permission d’utiliser sa salle de bain en marbre pour se soulager, lui dit : « Non, pas de problème, je vais aller pisser dehors... »

IT’S NOW OR NEVER

Savez-vous quoi ?

Plus je nous regarde aller, plus je pense que tout ce que nous méritons, finalement, est de disparaître...

Si notre survie ne nous intéresse pas plus que ça, arrêtons de faire semblant et tirons la plogue tout de suite.

Let’s all speak English and the hell with our culture.

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