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Journalisme militant: qui contrôle les médias?

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Ça brasse chez les journalistes. 

Plusieurs parmi les jeunes exigent de pouvoir aussi être des militants.

Ça transpire déjà lourdement dans leur travail.

Les dirigeants des médias traditionnels s’insurgent au nom de l’objectivité.

Comment pourriez-vous, disait l’un d’eux au lendemain du congrès de la FPJQ, où la question souleva les passions, participer à une manifestation contre le réchauffement climatique et, le lendemain, couvrir objectivement la conférence de presse d’un ministre de l’Environnement?

  • Écoutez la chronique de Joseph Facal à QUB radio ici :

Biais

On plaide souvent le droit au journalisme engagé en disant que l’essentiel est de respecter les faits.

C’est un sophisme, car le journaliste engagé tendra souvent à ne sélectionner que les faits qui accréditent sa position.

Notons cependant que le journalisme militant existe depuis longtemps.

Mais il prend de l’expansion. Regardez ce qu’est devenu Le Devoir en peu de temps.

La question est de savoir s’il doit prendre encore plus de place (non, selon moi) et s’il est vrai que l’objectivité est un mythe (non, selon moi).

Avez-vous remarqué par ailleurs que ces jeunes journalistes réclament le droit à un journalisme exclusivement engagé à gauche ?

Cela va tellement de soi pour eux qu’ils ne sentent pas le besoin de le préciser.

Est-ce qu’ils défendraient un journaliste « engagé » qui, par exemple, explorerait les effets négatifs, sur le terrain, d’une immigration massive ?

Cette revendication pour une presse engagée à gauche s’appuie sur leur conviction que les idées de droite seraient dominantes dans les médias.

C’est assez cocasse. 

La gauche croit dur comme fer que la droite domine les médias. Elle pointe toujours les suspects habituels : Martineau, Bock-Côté, moi-même. Mais il n’y a pas de Fox News au Québec.

La droite, elle, s’inquiétera des restrictions croissantes à la liberté d’expression, justifiées au nom du wokisme, dans les médias, les arts, le milieu universitaire, etc.

Tout cela soulève une question fascinante : quelle est l’idéologie dominante dans le champ culturel et dans les médias ?

Il y a en effet, pour simplifier, un champ politique et un champ culturel.

Dans le champ politique, l’affaire est entendue : il y a un seul parti clairement de gauche au Québec, QS, et il pèse 15 %.

Le reste du spectre est occupé par des partis de droite et de centre, certains abritant des gens de la gauche très modérée.

Le champ culturel est composé, en gros, des journalistes, des artistes, des enseignants et des intellectuels.

Qui niera qu’il est massivement de gauche ?

Test

Parlant de la France, l’essayiste André Perrin propose un test qui s’applique aussi au Québec. 

Qu’est-ce qu’on voit le plus souvent ? demande-t-il.

« Un intellectuel accusé d'être réactionnaire qui s'en défend et proclame avoir toujours été fidèle aux valeurs de la gauche ? Ou un intellectuel de gauche (...), reconnu comme tel, qui proteste qu'on l'a mal compris et qui jure ses grands dieux qu’il a toujours défendu des idées de droite, voire d'extrême droite ? »

Comment on dit, poser la question c’est y répondre.

• À lire aussi: Le journalisme à la croisée des chemins

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