/entertainment/tv
Navigation

«La nuit où Laurier Gaudreault s’est réveillé»: un thriller psychologique haletant

Coup d'oeil sur cet article

Xavier Dolan livre un thriller psychologique anxiogène, dense et bouleversant avec «La nuit où Laurier Gaudreault s’est réveillé», sa toute première série qui raconte l’histoire d’une famille dont la trajectoire bifurque dramatiquement à la suite d’un incident survenu en octobre 1991, pendant que tout le monde dormait. 

• À lire aussi: Xavier Dolan veut prendre une pause du cinéma

Le vent se lève sur le quartier tranquille de Val-des-Chutes où Madeleine Larouche (excellente Anne Dorval) a élevé ses quatre enfants. Sa mort, qui survient au début du récit – on est en 2019 –, menace de révéler un douloureux secret.

L’aîné, Julien (incroyable Patrick Hivon), est sobre depuis 12 ans et ne file pas le parfait bonheur aux côtés de Chantal (Magalie Lépine-Blondeau), lui qui était destiné à un grand avenir comme joueur de baseball. Il est mécontent de voir sa sœur Mireille (Julie Le Breton) débarquer en ville après des décennies d’absence. Thanatologue à Montréal, «Mimi» est chargée d’embaumer sa mère, à la demande de cette dernière. Avec sa sexualité déviante, elle est incapable de tisser des liens durables et collectionne les jeunes amants.

De fil en aiguille, on comprend qu’un mensonge a gâché la vie de toute la famille, incluant les deux plus jeunes, Denis (Éric Bruneau), qui souffre d'accumulation compulsive et vit dans une soue à cochons, et Elliot (Xavier Dolan), qui sort de désintox.

Magalie Lépine-Blondeau, Éric Bruneau, Anne Dorval et Xavier Dolan
Photo Courtoisie, Fred Gervais
Magalie Lépine-Blondeau, Éric Bruneau, Anne Dorval et Xavier Dolan

Regarder les gens dormir

La mauvaise habitude qu’a prise Mireille d’entrer chez les gens pendant leur sommeil pour les regarder dormir l’a plongée dans un chaos quand, à 14 ans, elle a répété son petit manège dans la chambre de Laurier Gaudreault (Pier-Gabriel Lajoie).

Une boîte déterrée dans le jardin de Mado pourrait-elle révéler ce que quelqu’un s'emploie à cacher? Celle-ci renferme notamment une balle de baseball, une bague et un billet du spectacle de Nirvana aux Foufounes électriques, en 1991.

Cette adaptation très cinématographique de la pièce éponyme de Michel Marc Bouchard présentée au TNM, en 2019, permet de creuser davantage l’âme des personnages, leurs faiblesses et leurs blessures. Xavier Dolan a ajouté beaucoup de chair autour de l’os à travers les cinq épisodes, qui se déploient dans le passé et le présent. Il a dit mercredi en table ronde que «c’était son expérience de tournage préférée».

Le récit est teinté par le deuil de la mère, un besoin viscéral de vérité et une nécessaire réconciliation. Plusieurs des acteurs ayant brillé sur les planches remettent ça à l’écran et livrent tous une incroyable prestation.

Les fervents de fictions québécoises attendaient depuis longtemps cette œuvre forte qui ne les décevra pas. Elle s’ajoute à d’autres séries de Club illico valant le détour comme «Le temps des framboises», «Motel Paradis», «La faille» ou «Audrey est revenue».

Éric Bruneau
Photo Courtoisie, Fred Gervais
Éric Bruneau

La signature de Dolan

Les adeptes de Dolan retrouveront les costumes colorés de ses personnages de «J’ai tué ma mère», «Laurence Anayways» et «Mommy». Même chose pour les maquillages et les coiffures. Et que dire des décors savamment étudiés et des tapisseries. Le tout est magnifié par les images d’André Turpin, qui a plusieurs fois collaboré avec Dolan, ainsi que par la musique de Hans Zimmer et de David Fleming, qui nous happe dès les premières notes du thème musical. Des pièces de Rufus Wainwright, Jean Leloup, France D’Amour et Ginette Reno se glissent dans la série, et Chantal reprend «Regarde-moi» de Céline Dion au karaoké, une scène qui fait sourire à travers toute ce drame.

Pour le montage, l’homme-orchestre qu’est Dolan a été épaulé par Stéphane Lafleur pour quelques épisodes.

Le budget pour les 82 jours de tournage n’a pas été divulgué, «mais il se reflète à l’écran», a-t-on répété. Et les ambitions internationales de la série sont évidentes, celle-ci ayant été financée en partie par l’Hexagone, où elle sortira en janvier via CANAL +.

On aime les séries de six à huit épisodes. Dans ce cas-ci, avec cinq épisodes bien tassés, on enchaîne le tout en une seule soirée riche en émotions.

Produite par Nancy Grant et Xavier Dolan, en collaboration avec Québecor Contenu et CANAL +, «La nuit où Laurier Gaudreault s’est réveillé» s’installe sur Club illico dès jeudi.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.