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Les pharmaceutiques et l'industrie alimentaire font des affaires d'or

Mais, les bénéfices plongent dans de nombreux secteurs de l’économie au pays

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Les pharmaceutiques et l’industrie alimentaire continuent d’engranger de juteux profits pendant que l’ensemble des entreprises en arrachent. Le bénéfice a chuté de 8,1 % pour l’ensemble des entreprises au pays au 3e trimestre, selon Statistique Canada. 

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Les hausses des taux directeurs, la pénurie de main-d’œuvre, la baisse des prix des produits énergétiques et métalliques et la dépréciation du dollar canadien ont contribué à refroidir l’économie, selon Statistique Canada.  

« C’est considérable comme baisse. On le voit sur le terrain. Ça dépend des secteurs, mais les coûts d’emprunt et les coûts de main-d’œuvre font très mal », souligne Norma Kozhaya, économiste en chef au Conseil du patronat du Québec (CPQ). 

Les gagnants

Parmi les « gagnants », notons l’industrie de la fabrication de produits pharmaceutiques et de médicaments, avec une hausse de 102,3 % de son BNAI en trois mois. Pour l’année, c’est une hausse de 116,1 %. 

Le BNAI de l’industrie alimentaire a pour sa part bondi de 616 millions de dollars par rapport à la période prépandémique, et il se chiffre aujourd’hui à 2323 millions de dollars pour la période comprenant les trois premiers trimestres de la présente année.  

Dans l’ensemble, la hausse du bénéfice net avant impôt des magasins d’alimentation est principalement attribuable à un volume plus élevé de ventes et à une croissance de leur marge bénéficiaire, écrit l’agence.

La marge de l’industrie de la fabrication d’aliments et de boissons gazeuses et de glace était de 5,3 % en moyenne avant 2020, alors qu’elle a atteint une moyenne de 5,4 % pour les trois premiers trimestres de 2022.

En ce qui concerne les magasins d’alimentation, leur marge bénéficiaire moyenne avant impôt s’établissait à 2,2 % avant 2020 et est passée à 3,5 % au cours de la période.  

Les perdants

L’industrie de la construction a vu ses bénéfices nets avant impôt (BNAI) diminuer de 11,1 % au 3e trimestre, en raison notamment du coût des matériaux, comme le ciment et le béton, et de la main-d’œuvre. 

Les banques n’échappent pas à la morosité économique. Le BNAI des sociétés financières a diminué de 11,6 % au troisième trimestre. Les activités bancaires et autres activités d’intermédiation financière ont affiché quant à eux une baisse de 3,9 milliards de dollars (-23,1 %). 

« Ce repli découle principalement du fait que la provision pour pertes sur créances a été portée à 1, 0 milliard de dollars (+151 %) en raison de l’évolution défavorable des perspectives économiques », écrit Statistique Canada.

En langage clair : les banques s’attendent à ce que beaucoup de gens ne remboursent pas leurs prêts.

« La hausse des taux n’est pas bonne pour les banques, car non seulement certains prêts ne seront pas remboursés, mais il va y avoir moins de prêts au total. Moins de gens vont s’acheter des maisons. Les gens sont inquiets et attendent. D’autres n’ont tout simplement pas les moyens », explique Norma Kozhaya.

« Pour le volume hypothécaire, c’est une baisse entre 60 % à 80 % actuellement. Une connaissance chez RBC me mentionnait que dans sa succursale, c’est un carnage qui s’en vient à partir de janvier, parlant de mises à pied. Quand ils ont un client, souvent il est refusé parce qu’il est insolvable», a souligné Stéphane Bruyère, courtier hypothécaire chez les Architectes hypothécaires. La diminution des prix du pétrole brut et du gaz naturel a fait chuter le bénéfice net avant impôt provenant de la fabrication de produits du pétrole et du charbon de 61,7 % (-5,0 milliards de dollars) au troisième trimestre, note l’agence. 

C’est encore pire du côté de l’extraction minière, où le BNAI a plongé de 73,8 %, en lien avec la baisse du prix des métaux. Le BNAI de l’industrie de la construction a quant à lui diminué de 11,1 %, en raison notamment de la hausse des coûts de construction.

L’industrie de l’assurance de biens et de risques divers est quant à elle en baisse de 21,7 %.

Ces données sont-elles un présage de ce qui s’en vient ? 

« Il va y avoir un certain ralentissement, c’est sûr. Mais combien de temps ça va durer, c’est difficile à dire », conclut Norma Kozhaya.

Quelques grands gagnants et grands perdants 

Bénéfice net avant impôts par industrie, variation trimestrielle :

  • Agences et courtiers d’assurance +360,1 %
  • Agriculture, foresterie, pêche et chasse +275,8 %
  • Fabrication de produits pharmaceutiques et de médicaments +102,3 %
  • Assurance vie, assurance maladie et soins médicaux +33,3 %
  • Édition, industrie du film et enregistrement sonore, radiotélévision -113,3 %
  • Extraction minière et exploitation en carrière -78,9 %
  • Fabrication de produits du pétrole et du charbon -49,3 %
  • Émission de cartes de crédit et crédit à la consommation -49,3 %

Source : Statistique Canada, données pour l’ensemble du Canada

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