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SQDC: du pot livré en moins de 90 minutes? Oubliez ça

La société d’État aurait pourtant les moyens de mieux concurrencer les revendeurs illégaux

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Il serait possible de livrer du cannabis à domicile en moins de 30 minutes la plupart du temps, mais la SQDC l’interdit de crainte que les Québécois en consomment davantage si ses produits sont livrés trop rapidement.

La coopérative québécoise de transport Eva, cette rivale d’Uber, s’occupe des livraisons de produits de la SQDC en rodage dans les régions de Québec et de Saguenay depuis l’été.

Après un départ sur les chapeaux de roue et des livraisons rapides souvent en moins d’une demi-heure, Eva s’est fait demander par la haute direction de la société d’État de ralentir le service afin de ne pas trop faciliter l’accès au cannabis, selon le quotidien américain The New York Post.

Dans un article intitulé « Why this Canadian province wants weed delivery startups to chill » (Pourquoi une province canadienne veut-elle geler le service de la jeune pousse qui livre son herbe ?), un associé et investisseur américain dans la coopérative québécoise Eva, Ilir Skendaj, s’est entretenu avec la journaliste Lisa Fickenscher.

« On nous a demandé de ralentir », rapporte-t-il, de crainte que trop d’efficacité « accroisse les ventes et l’accoutumance » aux produits de la SQDC.

Ce délai artificiel d’attente est de 90 minutes.

Donc, même si Eva pouvait effectuer la livraison en 16 minutes après votre achat en ligne, elle est contrainte d’attendre au moins une heure et demie avant de sonner chez vous.

Capture écran, LCN

Rivaliser avec le marché noir

Ce projet pilote de livraison de produits, au coût de 9 $, a été lancé dans l’intention de rivaliser avec le marché noir de la drogue et ses livreurs-revendeurs illégaux souvent très rapides.

« Nous voulions déployer ce projet prudemment pour avoir le temps d’évaluer la réaction de la clientèle, de là notre choix de la livraison en 90 minutes », m’explique le porte-parole de la SQDC, Fabrice Giguère.

Si la SQDC a les moyens de prendre les revendeurs illégaux de vitesse avec des produits légaux livrés subito presto, en quoi cela serait-il « prudent » de s’en priver ?

  • Écoutez la brève d’actualité avec Mario Dumont diffusée chaque jour en direct 16 h 35 via QUB radio :

Pourquoi ne pas plutôt en profiter pour « battre » le marché noir à son propre jeu ?

« La SQDC reverra peut-être sa livraison en 90 minutes à la fin du projet pilote en fonction des résultats, mais c’est trop tôt pour le dire », dit M. Giguère.

D’ici à ce que la SQDC lui lâche éventuellement la bride, Eva trouve néanmoins des avantages à la situation.

« L’aspect du 90 minutes permet à notre coopérative de mieux optimiser les routes, d’augmenter le revenu des membres conducteurs et de réduire notre empreinte écologique », dit Dardan Isufi, son cofondateur.

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