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«23 décembre»: la déception de Noël

23 décembre
Photo courtoisie

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J’avais tellement envie d’aimer ce film. Tous les ingrédients étaient pourtant réunis pour que le gâteau lève. Le titre, clin d’oeil à ma chanson préférée de Beau Dommage. La scénariste, la sympathique India Desjardins. Des comédiens que j’adore, de Guylaine Tremblay à Michel Barrette en passant par Christine Beaulieu et Stéphane Rousseau.

Malheureusement, au final, 23 décembre n’est rien de plus qu’un film guimauve, pétri de bons sentiments, bâti sur un scénario prévisible.

Quel dommage. C’est comme si, le soir de Noël, je déballais un gros cadeau pour y trouver finalement une simple carte Hallmark...

Bonjour les clichés

Ce film est bourré de clichés: la fille célibataire qui s’habille tout croche avec des vêtements trop amples tout le long du film, mais qui se fait remarquer par l’homme qu’elle aime secrètement au moment où elle porte une belle robe et se maquille. 

La mère de famille qui cuisine pour 15 alors qu’elle ne reçoit que trois personnes. Le beau-père mononcle qui est nostalgique du bon vieux temps et qui est attaché aux traditions. L’homme d’affaires qui parle fort au téléphone quand il fait des affaires à l’international. Les deux lesbiennes qui ont un animal en garde partagée au lieu d’avoir des enfants. 

N’en jetez plus, la cour est pleine. On a déjà vu ça 15 000 fois.

  • Écoutez la rencontre Durocher-Dutrizac avec Sophie Durocher sur QUB Radio :

Pendant la (très) intense campagne de promotion du film, on a beaucoup entendu les artisans répéter: «Enfin un film de Noël québécois!». Mais pourquoi devait-on absolument doter notre cinématographie d’un film de genre gnangnan?

23 décembre se targue d’être une comédie. Mais je n’ai ri qu’une seule fois, lors d’une tirade bien sentie de Guylaine Tremblay contre les caprices alimentaires de la nouvelle génération. 

Le scénario du film est anémique. Comment se fait-il que les organismes subventionnaires et les producteurs n’aient pas demandé à India Desjardins de retravailler son scénario pour mettre un peu plus de viande sur l’os (de la dinde)?

J’ai des amis en cinéma qui se sont fait demander de re-soumettre leur scénario à maintes reprises. A-t-on été plus paresseux avec 23 décembre parce qu’on se disait qu’avec Guylaine Tremblay et Michel Barrette à l’affiche, le public allait de toute façon se précipiter en salle?

Le film se veut très ouvert à la diversité (un couple de lesbiennes, deux couples interraciaux, une famille immigrante). Ça coche toutes les cases de la bien-pensance. Mais c’est aussi très moralisateur...

La scène la plus malaisante du film se déroule dans une ambulance. Le vilain mononcle réactionnaire hésite à se faire soigner par une femme voilée.

Misère! C’est vraiment ça l’image des Québécois que vous voulez nous donner à Noël? 

Une réflexion nécessaire

À un moment donné, il va falloir se questionner sérieusement sur la faiblesse de certains scénarios québécois. Autant j’avais adoré Les oiseaux ivres, Confessions, Les tricheurs (pour ne nommer que quelques films récents), autant je m’endors régulièrement en visionnement de presse devant des films québécois aux histoires bâclées, aux rebondissements prévisibles ou aux personnages sans profondeur psychologique. 

On ne peut pas d’un côté déplorer la fin du Gala Québec Cinéma et de l’autre donner le feu vert à des films qui ne volent pas haut.

On peut et on doit être beaucoup plus exigeant avec notre cinéma.

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