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Procès de «l’espion des vedettes»: Même des techniciens américains d’Apple ne comprenaient pas selon une plaignante

L’informaticien Pascal Desgagnés est accusé d’avoir subtilisé des données personnelles provenant d’appareils informatiques d’au moins 28 plaignants.
Photo d'archives L’informaticien Pascal Desgagnés est accusé d’avoir subtilisé des données personnelles provenant d’appareils informatiques d’au moins 28 plaignants.

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Le présumé « espion des vedettes » aurait médusé des techniciens d’Apple aux États-Unis qui ne comprenaient pas ce qui se passait avec les mots de passe du compte de la deuxième vedette qui a témoigné au procès de Pascal Desgagnés.

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« Apple s’est mis sur mon cas. Des techniciens basés à New York essayaient de trouver le problème et ils me disaient, ce sont leurs mots, que c’était “du jamais-vu”, a raconté vendredi cette personnalité bien connue de la télévision. » 

Selon son témoignage, ces experts ne comprenaient pas comment quelqu’un pouvait constamment entrer dans son compte malgré la sécurité de l’identification à deux facteurs.

« Un technicien chez Apple m’appelait environ une fois par semaine pour me dire qu’il y avait des activités suspectes dans mon compte. [...] Il n’y avait rien à faire, personne ne trouvait mon problème », a raconté la plaignante.

Piratée en temps réel

C’est finalement un ami qui lui avait proposé son aide qui a mis le doigt sur le problème. En se connectant à distance pour analyser son ordinateur un soir de mai 2018, il a remarqué des renvois automatisés de ses courriels et des connexions non reliées à elle dans ses registres de données Facebook.

C’est ce qui pouvait potentiellement expliquer la centaine d’épisodes de problème de connexion vécus entre 2014 et 2018. 

Et le comble, alors que les changements de mots de passe pouvaient survenir à quelques heures d’intervalle, un autre est survenu au moment même où la victime et cet ami tentaient de percer le mystère, en temps réel.

« Il y a eu une connexion pendant qu’on était en train de regarder ça », s’est étonné le témoin. « Il fallait qu’il y ait quelqu’un d’autre », a-t-il ajouté, précisant qu’ils avaient même été déconnectés du compte Facebook à distance.

« Violée dans mon intimité »

La plaignante, qui témoignait à distance à partir de la grande région de Montréal, a décrit le choc de réaliser tout ce qui se passait dans sa vie, qu’elle croyait privée.

« Je ne me sentais tellement pas bien, tellement violée dans mon intimité et j’avais peur des répercussions », a-t-elle raconté à la juge Rachel Gagnon, précisant qu’à ce moment, elle ne se doutait pas encore de ce qui l’attendait.

Le choc a été encore plus grand quand les policiers lui ont présenté l’ampleur du vol de données. Courriels et textos par milliers, autant personnels que professionnels, photos, contacts, tout y était.

Elle a aussi été grandement bouleversée par le fait que quelqu’un ait pu connaître ses déplacements aussi précisément à son insu.

« C’est super troublant de savoir que quelqu’un savait mes allées et venues en tout temps, partout. La personne qui était dans mon iCloud savait à quel endroit ma gardienne allait chercher mes enfants et à quelle heure », a-t-elle exposé.

Lettre de France Castel

En contre-interrogatoire, Pascal Desgagnés, qui se défend seul, a questionné la plaignante sur une lettre qu’elle a reçue de France Castel. L’actrice et chanteuse avait contacté la présumée victime pour lui transmettre une lettre d’excuse provenant d’un jeune homme de son entourage qui était à l’origine de la deuxième adresse courriel vers laquelle était créé un renvoi automatique des courriels de la personnalité publique.

L’homme y expliquait avoir créé l’adresse initialement pour s’inscrire sur des sites sans recevoir de courriels indésirables dans sa boite personnelle, avant de commencer à recevoir des courriels personnels de la plaignante sans jamais l’aviser.

La présumée victime a reconnu avoir reçu la lettre et l’avoir transmise aux policiers sans y donner suite. «J’ai transféré la lettre et j’ai laissé les enquêteurs faire leur travail», a expliqué la femme, ajoutant qu’aucune accusation n’avait été déposée en lien avec ce jeune homme.

La plaignante a également confirmé à l’accusé que ses informations dérobées n’avaient jamais été rendues publiques, précisant toutefois qu’elle n’en avait jamais été certaine «pour le dark web».

Le procès de Pascal Desgagnés fera relâche la semaine prochaine et reprendra le 5 décembre avec la suite de l’exposé de la preuve de la poursuite. Huit autres plaignantes doivent être entendues, dont deux personnalités publiques.

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