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Fiscalité: les Québécois pressés comme des citrons

Quebec
Photo d’archives, Stevens Leblanc Le premier ministre François Legault (à droite) félicite son ministre des Finances, Eric Girard, quelques instants avant le dépôt du budget, en mars dernier, à Québec.

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Si vous avez l’impression d’être fiscalement oppressés par le gouvernement du Québec et votre municipalité, sachez que, concrètement, vous l’êtes !  

De tous les Canadiens, ce sont les Québécois qui subissent la plus forte pression fiscale au Canada au chapitre des impôts et taxes à payer au gouvernement provincial et aux municipalités.  

Et la situation a empiré depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement caquiste de François Legault.  

En 2019, lors de la première année de pouvoir du gouvernement Legault, le taux de pression fiscale provinciale en pourcentage du PIB québécois s’élevait à 21,4 %. En 2021, selon Statistique Canada, « notre » taux de pression fiscale atteignait 23,1 %, en hausse de 1,7 point de pourcentage.  

  • Écoutez l'édito économique de Michel Girard diffusé chaque jour en direct 7 h 35 à QUB radio :

Plus de 100 milliards $

En termes d’argent sonnant, cela signifie que nous, les particuliers et les entreprises, avons collectivement versé en 2021 quelque 116 milliards de dollars en impôts et taxes au gouvernement du Québec et aux municipalités, soit 25 milliards de plus qu’en 2019.  

Le gouvernement caquiste aura beau nous dire qu’il a remis beaucoup d’argent dans les poches des Québécois depuis son arrivée au pouvoir, toujours est-il que, sous sa gouverne, le taux de pression fiscale a augmenté significativement. Non pas seulement sur papier, mais également à même nos poches ! 

Loin devant l’Ontario

À 23,1 %, c’est le taux de pression fiscale provinciale le plus élevé au pays, et de loin.  

Dans l’ensemble des provinces et territoires, le taux des administrations publiques provinciales s’élevait en 2021 à seulement 17,3 %, soit 5,8 points de pourcentage de moins qu’ici dans la Belle Province. 

Comme le gouvernement Legault aime bien comparer le Québec avec l’Ontario en termes de compétitivité, chose certaine, il y a tout un écart fiscal qui nous sépare et désavantage grandement.  

Le taux de pression fiscale en Ontario est de 18,1 %. C’est 5 points de pourcentage de moins que le nôtre. Aux yeux des chefs d’entreprise, cet immense écart fiscal entre les deux principales provinces canadiennes favorise nettement l’Ontario lorsqu’arrive le moment d’investir.  

Ajouts fiscaux

À cette pression fiscale provinciale de 23,1 % du PIB québécois, il faut évidemment ajouter les impôts que nous payons à Ottawa, ainsi que les cotisations sociales au Régime des rentes du Québec (RRQ) ou son pendant fédéral, le Régime de pension du Canada (RPC).  

À elle seule, la pression fiscale exercée par le gouvernement fédéral, sur les Québécois comme sur tous les autres Canadiens, équivalait en 2021 à 14,5 % du PIB. 

Et les cotisations sociales, elles, comptaient pour 3,3 % du PIB.  

Ainsi au total, la pression fiscale exercée sur le dos des Québécois par l’ensemble des administrations publiques s’élevait en 2021 à 40,9 % du PIB (23,1 % du provincial et municipal ; 14,5 % du fédéral ; 3,3 % du RRQ).  

  • Écoutez l'édito économique de Michel Girard diffusé chaque jour en direct 7 h 35 à QUB radio :

Notre PM très bas au palmarès

En matière de gestion des finances provinciales, François Legault a récemment reçu une douche d’eau froide de la part de l’Institut Fraser, reconnu comme étant « un groupe de réflexion indépendant et non partisan » sur les politiques publiques canadiennes. 

Selon la récente étude de l’Institut Fraser Measuring the Fiscal Performance of Canada’s Premiers, qui a mesuré la performance fiscale des premiers ministres du Canada, François Legault se classe au 8e rang parmi les 10 premiers ministres. 

Pire encore, Legault arrive à la queue en ce qui concerne les dépenses gouvernementales, étant le premier ministre le plus dépensier selon l’Institut Fraser. 

En matière de l’impôt sur le revenu des particuliers, le premier ministre Legault fait également très mauvaise figure en se classant au 9e rang.  

Mais en matière d’impôt sur les sociétés, là, François Legault se distingue, en accaparant le 2e rang, faisant ainsi partie des premiers ministres les moins gourmands au plan fiscal envers les entreprises. 

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