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La Chine malade de Xi

La Chine malade de Xi
AFP

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Les dirigeants chinois avaient oublié ce détail. Devant leur télévision, les spectateurs chinois de la Coupe du monde observent que le public dans les gradins ne porte pas de masque. Que les gens qui assistent aux matchs ne sont pas séparés les uns des autres. Qu’ils ne sont pas chaperonnés par des hommes vêtus de scaphandre de plastique blanc. 

Alors qu’au début de la pandémie de COVID-19 le gouvernement chinois se vantait d’avoir pris les meilleures mesures au monde de lutte contre la maladie, il fait à présent figure de cancre.

Code rouge

Les Chinois sont soumis à des tests contre la COVID-19 dès que quelques cas apparaissent dans leur agglomération. Comme les réactifs manquent, les prélèvements de 10 personnes peuvent se retrouver ensemble dans la même éprouvette de réactif. Par conséquent, pour chaque résultat positif, neuf autres personnes qui ne sont pas nécessairement contaminées reçoivent dans leur cellulaire un code rouge.

Ce code est catastrophique. Ces personnes ne peuvent plus sortir de chez elles, jusqu’à ce que leurs résultats soient négatifs. Pire, bien souvent, par mesure de précaution extrême, tous les habitants de leur immeuble se voient attribuer le même code, comme leurs collègues de travail.

Lorsque les cas atteignent quelques centaines, c’est toute la ville qui est fermée.

Désormais, près du tiers des villes chinoises serait en quarantaine.

Le gouvernement chinois pourrait vacciner sa population avec les vaccins de Pfizer ou de Moderna. Mais ce serait reconnaître que le vaccin chinois est très peu efficace.

Devant pareil échec, les dirigeants devraient simplement acheter des doses de vaccin de Pfizer ou de Moderna et vacciner massivement la population.

Lié à Xi

Le problème est que la politique chinoise actuelle de limitation de la COVID-19 est intimement liée à Xi Jinping, heureux que la pandémie lui donne l’occasion de réaffirmer l’autorité de l’État partout, directement et individuellement auprès de chaque citoyen.

Cette démonstration de force rassure le Parti communiste chinois qui, depuis le 4 juin 1989, vit dans la crainte d’être renversé par la population.

Remettre en question la politique de lutte contre la COVID-19 revient à questionner le contrôle totalitaire que le gouvernement exerce sur sa population depuis quelques années. Ce qui revient aussi à critiquer Xi.

Personne, même parmi les dirigeants ou parmi les cadres, ne veut se risquer à commettre pareil crime de lèse-majesté.

La population chinoise, cloîtrée à domicile, forcée à porter le masque, assiste donc aux matchs de la Coupe du monde. Elle voit bien que le reste de la population mondiale est libre de ses mouvements et libre de masque.

Ceci de fera pas tomber Xi. Il est aussi possible que des mutations dangereuses du virus obligent un jour les autres pays à rétablir des mesures de confinement.

Mais la pandémie fait mal paraître le gouvernement de Xi.

Plus que de la COVID-19, la Chine est malade de Xi Jinping.

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