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Loi 96: d'où vient cette mauvaise réputation à l'étranger?

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Photo d'archives, Agence QMI

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C’est une étrange nouvelle : François Legault s’apprêterait à lancer une campagne de presse à l’étranger pour défendre la réputation de la loi 96. Apparemment, elle donnerait mauvaise réputation au Québec auprès de certains investisseurs. Il faudrait corriger cette interprétation, améliorer son image. 

Imaginons que ces ragots débiles soient vraiment colportés, et que le Québec doive détricoter cette mauvaise image de lui à l’étranger. 

La question demeure: d’où vient cette mauvaise réputation présumée? 

De la loi elle-même? 

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Non. Nous savons bien qu’elle est modérée, même timide. Il faut suivre une autre piste. 

Le Québec est dans une situation géopolitique unique, improbable. 

Il s’agit, pour le dire vite, d’un État-nation enclavé dans une fédération qui conteste son existence au point de vouloir le déconstruire, au nord de l’empire américain, qui fixe les grands paramètres idéologiques de notre époque. 

Mais surtout, nous ne sommes pas maîtres de l’interprétation du discours généralement tenu sur le Québec. 

Globalement, ce sont les médias anglos qui donnent le ton, en laissant croire que les anglophones du Québec seraient victimes de persécution. 

Gardons à l’esprit toutes les saloperies publiées contre la loi 101, depuis 1977.

C’est avec les yeux des anglos les plus radicaux de Montréal et de Laval que le Canada anglais nous voit, et surtout, que les Américains nous voient, quand ils se rappellent que nous existons. 

Cela ne changera pas demain ni après-demain. 

Écoutez Les idées mènent le monde, une série balado qui cherche a éclairer, à travers le travail des intellectuels, les grands enjeux de sociétés.

Il y a dès lors deux options possibles. 

La première, qui n’est pas la bonne, consiste à intérioriser les tabous idéologiques fixés par les anglos radicaux et à nous interdire certaines lois, certaines décisions du politique, de peur du qu’en-dira-t-on chez les Anglos-Saxons. 

Autrement dit, collectivement, nous ne devrions plus faire les lois nécessaires pour notre peuple, mais les lois tolérables aux yeux de ceux qui contestent notre existence ou qui la nient. Ce n’est pas vargeux. 

Deuxième option : nous assumons notre situation géopolitique et nous prenons les mesures nécessaires pour la défense du français, même si elles déplaisent au premier regard à nos puissants voisins. Quitte, ensuite, à mener les campagnes publicitaires nécessaires pour en défendre la légitimité. La politique internationale sert à ça. 

Mais si au moment d’élaborer nos lois, nous tenons compte des critiques les plus injustes qui nous seront adressées, nous ne ferons jamais rien. La différence québécoise, en Amérique du Nord, sera toujours une dissidence et un scandale. Aussi bien l’assumer.

J’ajoute une chose: fondamentalement, nous devrions nous délivrer de la peur du regard du voisin canadien ou du voisin américain. 

Le problème dépasse peut-être la situation québécoise. 

Démocratie

Dans le monde d’aujourd’hui, la peur de déplaire aux grandes entreprises, aux médias internationaux, aux organisations supranationales, aux associations militantes de causes diverses entrave la vie démocratique. 

Les peuples s’interdisent des choix essentiels pour leur existence par crainte des représailles de ces nouveaux pouvoirs.

Ils finissent par en souffrir.

  • Écoutez la rencontre Mathieu Bock-Côté et Richard Martineau diffusée chaque jour en direct 10 h via QUB radio :

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