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Statue de MacDonald: la victoire des vandales

Statue de MacDonald: la victoire des vandales
CAPTURE D'ÉCRAN, TVA NOUVELLES

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Un comité de la ville de Montréal s’est prononcé lundi sur la statue de John A. Macdonald détruite en 2020. On recommande qu’elle ne soit pas remise en place. On conseille plutôt d’installer sur la Place du Canada quelque chose qui donnerait « une voix aux victimes des politiques mises en place par Macdonald et de leur offrir un espace pour en témoigner. » 

Évidemment on peut critiquer Macdonald, qui est condamné par le comité pour son « colonialisme ». On lui reproche notamment la mise en place des pensionnats autochtones (chose que les libéraux et la population en général appuyaient) et le comité l’accuse même de génocide sans le moindre début de preuve [...]

Qu’on aime ou pas le personnage, Macdonald a eu un impact gigantesque sur le Canada et le Québec. Faut-il oublier qu’il a réussi a bâtir un pays d’un océan a l’autre, qu’il a toujours prôné la réconciliation entre catholiques et protestants, entre francophones et anglophones, qu’il a longtemps milité pour que les femmes et les autochtones aient le droit de vote et que sa loi de 1885 donnait le droit de vote à presque tous les hommes ?

Il faut aussi se souvenir que Macdonald, fondateur du Canada moderne, fut élu premier ministre à six occasions — il était le fruit d’un exercice démocratique et non un dictateur. À chaque fois, les Québécois lui ont donné une majorité de voix. Cet homme fait partie de notre histoire tout comme sa statue.

On lui reproche la pendaison de Louis Riel. Certes. Mais celui-ci avait mené une rébellion armée qui a fait une centaine de morts. Aujourd’hui la peine de mort est abolie et un Riel moderne aurait été condamné à la prison à vie. Or, la peine capitale était la norme au XIXe siècle.

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Un acte criminel

La prise de position du comité est conforme à l’esprit woke qui s’abat sur notre époque. Il serait d’ailleurs intéressant de savoir qui sont les membres de ce groupe, mais c’est impossible. Valérie Plante cache cette information. Elle fait exactement comme l’ancien maire Denis Coderre, qu’elle accusait jadis de manquer de transparence.

Venons-en maintenant au plus grave de l’affaire. La statue de MacDonald a été renversée lors d’un acte criminel qui aurait pu faire des blessés et même des morts. Jeter par terre un monument de plusieurs tonnes sans précaution est dangereux et irresponsable. Si la mairesse donne suite aux recommandations du comité, ce sera la victoire des voyous qui seront ainsi encouragés à répéter leur geste dans l’avenir.

Qui sera le prochain ?

Tout cela est de mauvais augure pour Montréal. Faudra-il ensuite descendre d’autres figures du colonialisme? Je pense aux monuments à Jacques Cartier, Jean Vauquelin, Paul de Chomedey.

« La fermière » figure de colonialiste devant le Marché Maisonneuve, devrait-elle nous quitter suivant la logique de décolonisation du comité ? Et que penser du Monument aux pionniers, érigé sur la Place d’Youville deux ans avant le monument à Macdonald ?

Valérie Plante doit suivre une autre avenue. Il est entièrement possible de donner une voix aux autochtones sur la Place du Canada tout en remettant la statue de Macdonald sur pied.

Les Montréalais pourraient ainsi se familiariser avec différents aspects de notre histoire. Plus que tout, Valérie Plante montrerait à tous qu’elle ne cède pas devant des criminels.

Statue de MacDonald: la victoire des vandales
Photo courtoisie

Patrice Dutil, Historien résident à Toronto et associé principal de l'Institut Macdonald-Laurier et auteur de dix livres

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