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Un dépanneur poussé à la faillite après trois décennies en affaires

Small business sinking
Illustration Adobe Stock

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Albert, 82 ans, a exploité son dépanneur durant les 30 dernières années. Le commerce a longtemps été prospère, mais malheureusement le passé n’est pas toujours garant de l’avenir.

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Le dépanneur d’Albert se trouve au rez-de-chaussée d’un immeuble qui lui appartient et dans lequel il occupe un logement. S’y trouvent également deux appartements dont la location lui rapporte un revenu supplémentaire. 

Pendant trois décennies, ses affaires tournaient rondement et Albert pouvait compter sur une clientèle régulière. 

Une avalanche de déboires

Or, le vent a tourné dans un sens auquel il ne s’attendait pas. 

« Les deux dernières années ont été très difficiles. Je n’ai pas vu les choses venir même si les nuages noirs se sont accumulés progressivement », se désole-t-il. Tout d’abord, l’achalandage de son dépanneur a beaucoup diminué en raison de la baisse de population dans sa petite municipalité. 

« L’inflation, la hausse des prix des marchandises et des coûts fixes, comme l’électricité, les assurances, les taxes et l’entretien, lui ont aussi fait très mal », explique Stéphane Gauvin, syndic autorisé en insolvabilité et associé, Redressement et insolvabilité chez Raymond Chabot. Rognant sur sa marge de profit, il n’a pas pu malgré tout offrir des prix aussi compétitifs que ceux des grandes chaînes et il a commencé à perdre des clients.

Par-dessus le marché, le manque de main-d’œuvre l’a obligé à travailler de plus longues heures dans son commerce, ce qui l’a beaucoup fatigué. Des problèmes de santé majeurs l’ont forcé à ralentir. Le manque d’argent et d’énergie a fait en sorte qu’il a négligé l’entretien de son immeuble, incitant ses deux locataires à déménager.

« Albert a aussi pris du retard dans sa gestion, notamment dans la production de ses déclarations de revenus et de taxes, ainsi que le paiement de ses impôts, taxes, fournisseurs et factures d’électricité », précise Stéphane Gauvin.

L’octogénaire a pris des ententes de paiement qu’il n’a pas réussi à honorer, et a commencé à recevoir des mises en demeure qui se sont soldées par des jugements rendus contre lui. 

Une hypothèque légale a même été publiée par le ministère du Revenu sur son immeuble. Problèmes financiers, épuisement et dépression ont finalement poussé Albert à fermer les portes de son dépanneur et à consulter une firme de syndic autorisé en insolvabilité.

Une décision difficile

Dans le cas d’Albert, compte tenu de sa situation, de son état de santé et de l’étendue de ses dettes, la solution préconisée par Stéphane Gauvin a été la faillite. 

« Son immeuble a été vendu de façon à pouvoir rembourser en partie ses créanciers », explique le syndic. Il devra verser un montant au syndic durant une période de neuf mois, et la totalité de ses dettes sera effacée.

« Cela a été un choix très difficile, mais maintenant je me sens libéré de l’énorme poids qui pesait sur mes épaules. Depuis la prise de cette décision, ma santé s’améliore progressivement et j’ai aussi du temps pour profiter de mes petits-enfants », indique Albert. Même si son dossier de crédit a été fortement entaché par la faillite et qu’il le sera encore pendant six ans, cela n’aura pas d’incidence, car il ne comptait pas avoir recours au crédit à nouveau. 

Sa situation financière 

Actifs :

  • Immeuble commercial : 75 000 $ valeur marchande considérant le mauvais état de l’immeuble)
  • Équipements du dépanneur : 5000 $

Dettes :

  • Gouvernement (TPS-TVQ, impôts, déductions à la source) : 120 000 $ (hypothèque légale)
  • Hypothèque : 53 400 $
  • Taxes foncières : 5300 $
  • Factures de fournisseurs : 26 000 $
  • Cartes de crédit : 21 000 $

TOTAL DES DETTES : 225 700 $

Revenus mensuels : 

  • Revenus de retraite : 1900 $
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