/finance
Navigation

Des pirates volent sa pension à même son compte bancaire

Des virements ont été effectués à partir de son compte chez BMO

René Goyette
Photo Martin Chevalier Inquiet, René Goyette attend depuis dimanche que BMO le rassure. Il espère que sa perte sera compensée et surtout, qu’il n’y ait pas d’autres victimes.

Coup d'oeil sur cet article

Un homme de 69 ans s’est fait voler sa rente de retraite à même son compte bancaire chez BMO, par des virements Interac qu’il affirme n’avoir jamais autorisés. 

En allant faire des emplettes dimanche dernier, René Goyette a vu son compte à -47 $, alors qu’il venait d’acheter pour 59 $, sa seule dépense depuis la réception de sa rente du Régime de retraite des employés du gouvernement et des services publics (RREGOP), trois jours plus tôt, le 15 novembre.

Le citoyen de Sherbrooke a vérifié toutes les entrées et sorties d’argent dans son compte pour réaliser qu’en date du 17 novembre, deux virements Interac avaient été faits pour un montant total presque équivalent à sa pension: 480 $ au nom de Scott MacDonald et 300 $ au nom d’Amy Jinkerson. Ces personnes lui sont inconnues et de plus, M. Goyette n’a jamais reçu dans ses courriels une confirmation que des fonds avaient été envoyés et acceptés par un destinataire. 

René Goyette
Photo Martin Chevalier

«Ça veut dire que le pirate a franchi plusieurs barrières. Il est allé dans mon compte, s’est donné des autorisations et des mots de passe et il est allé dans le système pour que je ne reçoive pas de confirmation. Il est très bien organisé! Ou alors c’est quelqu’un dans le réseau de la banque?» songe le retraité, qui n’a plus les fonds pour faire face à ses obligations financières.  

  • Écoutez le segment économique d'Yves Daoust diffusé chaque jour en direct 9 h 35 via QUB radio :

Personne ne le rassure

Dès dimanche, M. Goyette a joint le service des fraudes de BMO. Sa carte bancaire a été bloquée, le temps de vérifier ce qui s’est produit. Interac a aussi été contacté, mais l’entreprise de paiements numériques et la banque se seraient renvoyé la responsabilité sans que la lumière soit faite. 

«Le gars chez Interac m’a même dit de contacter les personnes pour leur demander de me rendre mon argent! C’est ridicule!»

Inquiet et soucieux que soit colmatée une brèche de sécurité qui pourrait potentiellement faire d’autres victimes, M. Goyette s’est présenté au comptoir de sa banque lundi.

«La personne m’a dit que c’était impossible que ce soit arrivé! J’ai trouvé cela un peu cavalier», dit l’ancien webmestre de la Commission scolaire de Montréal.

«Ça fait peur! Je n’ai plus d’argent et est-ce que je veux en remettre dans ce compte? C’est comme si la police ne vous disait pas par où le voleur est entré. Vous sentiriez-vous en sécurité dans votre maison?» 

Le 23 novembre, quatre jours après avoir constaté la disparition de son argent, M. Goyette a de nouveau contacté sa banque. Au moment de mettre sous presse, il n’avait pas été remboursé ni n’avait reçu d’instructions pour assurer la sécurité de ses transactions. 

René Goyette
Photo Martin Chevalier

«Dans leurs publicités, ils vantent qu’ils sont super fiables et protègent notre argent, mais quand quelque chose arrive, ils deviennent bien silencieux», se désole M. Goyette.

Le retraité vit seul et dit n’avoir jamais communiqué le mot de passe de son compte bancaire à quiconque. Il le change régulièrement pour assurer sa sécurité, comme recommandé par les institutions. 

Enquête ouverte

Sans commenter l’affaire par souci de confidentialité, BMO nous a indiqué en fin de journée jeudi avoir ouvert une enquête et prendre le dossier «très au sérieux».

Chez Interac, on reconnaît qu’une violation de confidentialité peut se produire lorsqu’une personne malveillante obtient un accès non autorisé à un compte de courriel. Un pirate pourrait détourner un virement vers son compte en accédant à un avis de virement si les fonds ne sont pas encore déposés, nous indique-t-on dans un courriel. Mais ce n’est pas ce qui est arrivé à M. Goyette, puisqu’il n’a pas effectué de virement par courriel. 

Vous avez un scoop à nous transmettre?

Vous avez des informations à nous communiquer à propos de cette histoire?

Vous avez un scoop qui pourrait intéresser nos lecteurs?

Écrivez-nous à l'adresse ou appelez-nous directement au 1 800-63SCOOP.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.