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La vache est la mascotte du Québec!

vache normande
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Mesdames et messieurs, oubliez le mouton ou le harfang des neiges !

Comme l’a prouvé l’événement qui a mis Saint-Sévère, le Québec puis – grâce à la sortie bien sentie de la sénatrice Julie Miville-Dechêne, jeudi – le pays au complet en émoi, l’animal qui représente le mieux les Québécois est la vache !

Ding et Dong avaient raison : il faut mettre des peaux de vaches partout !

UN ANIMAL RUMINANT

D’abord, comme la vache, nous ruminons.

Toute la journée, nous tournons et retournons les mêmes images dans notre tête.

Ce qu’on aurait dû dire, ce qu’on n’a pas dit, ce que le gouvernement aurait dû faire, ce qu’il n’a pas fait, comment on aurait dû voter en 1980 et en 1995, les mots que Jacques Parizeau n’aurait pas dû prononcer, etc.

Nous passons notre temps à refaire l’Histoire...

Deuxièmement, nous sommes pacifiques.

Comme l’a déjà dit le philosophe Alain Finkielkraut — qui, un soir de printemps 2016, alors qu’il était invité à parler de terrorisme au bulletin d’information de BFMTV, a demandé qu’on lui accorde cinq minutes pour qu’il puisse parler de son amour immodéré des vaches : « Une vache agressive, ça n’existe pas. Au pis, elles sont trouillardes, mais une vache hostile, c’est un oxymore. »

Et puis troisièmement, ce n’est pas parce que nous restons tranquillement dans notre enclos à brouter de l’herbe que nous ne rêvons pas de prendre les jambes à notre cou et de foutre le camp.

  • Ne manquez pas l'émission de Richard Martineau tous les jours dès 8h30 sur QUB radio :

LA LAINE SUR LE DOS

Chaque fois que je mange avec Mathieu Bock-Côté, que ça soit à Montréal ou à Paris, nous finissons toujours (après quelques verres bien remplis) par aborder notre sujet de prédilection : l’apathie du peuple québécois.

Pourquoi les Québécois se laissent-ils ainsi manger la laine sur le dos sans réagir ?

Pour moi, qui suis pessimiste, cette inertie est une forme de résignation, de fatalisme.

La preuve que les Québécois ont baissé les bras, rendu les armes et accepté leur sort.

Pour Mathieu, qui est résolument optimiste (ou qui se force à l’être, trouvant mon pessimisme trop désespérant), ce silence est au contraire une forme de protestation.  

Le calme avant la tempête.

Comme Maurice Richard, qui courbait la tête, ravalait sa colère et serrait les poings, avant d’exploser le 17 mars 1955.

Eh bien, si j’en crois ce qui s’est passé à Saint-Sévère, Mathieu a raison.

Ce n’est pas parce que les vaches broutent placidement de l’herbe dans leur pré en regardant les trains passer qu’elles n’en pensent pas moins.

  • Ne manquez pas l'émission de Richard Martineau tous les jours dès 8h30 sur QUB radio :

LA POUDRE D’ESCAMPETTE

Comme les vaches, nous finirons peut-être par nous échapper !

Qui sait ? Un jour, nous aurons peut-être nous aussi l’envie de sauter par-dessus la clôture fédérale qui nous retient captifs !

Nous voudrons nous aussi prendre la poudre d’escampette !

Courir vers notre destinée !

C’est peut-être ça, les fameuses « conditions gagnantes » : attendre patiemment qu’un trou ouvre une brèche dans la clôture !

Alors nous courrons à toute vitesse vers la gare et sauterons dans le premier wagon venu !

On entendra à la radio que la Cour suprême rejette la loi 21, et on meuglera de toutes nos forces :

« Ah, la vache ! »

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