/opinion/columnists
Navigation

Qui sommes-nous, les Québécois ?

Coup d'oeil sur cet article

La majorité des immigrants qui souhaitent s’installer dans ce pays-oasis qui s’appelle le Canada n’ont aucune idée de ce que sont ces terres littéralement assises sur les États-Unis d’un océan à l’autre et qui les attirent tous.

Car le nouveau Canada de Justin Trudeau accueille tous les déracinés de la planète et les exilés politiques ou économiques, qui seront reçus à bras ouverts avec le slogan ambigu, « Bienvenue chez vous ».

Or, le Canada postnational et communautaire a banni le mot en N et a mis au rancart le mot en I (pour intégration) en le remplaçant par le mot en D (pour diversité).

Armé de ces directives, un immigrant a toutes les raisons du monde de ne pas apprendre le b.a.-ba de l’histoire du Canada. D’autant plus que les nouvelles générations de Canadiens l’ignorent, elles aussi.

  • Écoutez la chronique de Denise Bombardier tous les lundi et Vendredi au micro de Richard Martineau sur QUB radio :

Obligations

Le problème devient plus délicat lorsque les nouveaux arrivants découvrent que la minorité francophone située au Québec possède ce qu’ils considèrent rapidement comme des avantages et des droits rattachés à leur langue et à leur culture. Cela devient plus épineux lorsque ces immigrants s’installent au Québec et doivent « subir des contraintes particulières, dont l’obligation d’apprendre le français et d’envoyer les enfants à l’école française ».

Mais le Québec avec son système de santé plus avantageux, le faible coût des études universitaires et collégiales et l’offre de services sociaux plus généreuse attirent les immigrants. Cependant, il faut lire les commentaires de certains néo-Québécois pour constater leur manque d’enthousiasme pour accepter nos lois sur la laïcité et notre langue. Cela explique la gêne qu’ils éprouvent quand on les traite de néo-Québécois.

Une universitaire québécoise s’est exprimée mercredi dans La Presse sur ce sujet avec une colère à peine retenue. Elle refuse qu’on la désigne de la sorte. Faten Kikano écrivait, « Ne m’appelez pas néo-Québécoise ! [...] Je ne connais pas votre histoire, mais j’en connais une autre, plus douloureuse [...] À présent, je marche dans la rue et je scrute les regards des passants avec méfiance. Je ne me sens plus acceptée. [...] Je n’appartiens pas à cette terre. Je n’y appartiendrai jamais. Je veux partir, mais mon chez-moi n’existe plus. »

Il est certain que la façon dont cette universitaire rejette l’expression de néo-Québécoise en prétendant que son histoire à elle est plus douloureuse que la nôtre même si elle avoue ne pas la connaître nous renvoie, nous, des Québécois de souche, dans la catégorie des intolérants. Comment s’étonner que notre nationalisme soit dilué dans des compromis historiques permanents ?

  • Écoutez la chronique de Denise Bombardier tous les lundi et Vendredi au micro de Richard Martineau sur QUB radio :

Racistes ?

Que sommes-nous alors devenus si l’expression « Québécois de souche » est devenue supposément raciste ? Quels mots a-t-on le droit d’utiliser pour désigner les Canadiens français qui sont les descendants des Français qui ont pris racine en Nouvelle-France à partir du 17e siècle ?

Il appert que tous les mots pour affirmer notre enracinement sur les rives du Saint-Laurent sont piégés. Seuls les immigrants racisés, les LGBTQ, les communautés culturelles ont désormais le droit d’exister par des mots de leur choix.

Les Québécois ne seraient donc qu’un amalgame de peuples, de races et de marginalités diverses. Faudra-t-il alors présenter un projet de loi à l’Assemblée nationale pour désigner les « sans nom » que nous serions devenus ?

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.