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Les vraies coulisses du pouvoir

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Photo AFP Le témoignage de Justin Trudeau et de ses ministres aura levé le voile sur la gestion de crise au gouvernement.

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Il était une époque où Justin Trudeau avait promis le gouvernement le plus transparent de l’histoire du Canada.

C’était même écrit dans son tout premier discours du Trône. En faisant preuve de plus d’ouverture, le gouvernement contribuerait ainsi à rétablir la confiance des Canadiens envers la démocratie.

Sept ans plus tard, il aura fallu une commission d’enquête publique pour lever le voile sur le fonctionnement de son gouvernement.

Car c’est un aperçu inédit et privilégié des modes de décision au cœur du pouvoir canadien qu’a offert la Commission sur l’état d’urgence.

On y a compris tous les réflexes, bons et moins bons, du gouvernement Trudeau.

Si celui-ci a réussi à offrir une défense politique de sa décision d’invoquer l’ultime loi d’exception pour mettre fin à la crise des camionneurs, c’est loin d’être clair que celle-ci était légale ou constitutionnelle.

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Dysfonctionnel

Objectivement, le gouvernement Trudeau s’est retrouvé coincé dans une crise politique sans précédent parce qu’il était tenu responsable de régler une crise qui ne relevait pas de lui.

Oui, on peut le blâmer d’avoir polarisé le débat sur les vaccins, démonisé les opposants aux mesures sanitaires, méprisé les camionneurs.

Mais des rues bloquées dans un centre-ville, ça relève de la police municipale. Et quand ça dégénère, c’est à la province d’intervenir.

Or, entre une police d’Ottawa incompétente et un gouvernement ontarien caché sous une roche, la patate chaude a atterri sur le bureau de Justin Trudeau.

Il faut voir les courriels et messages textes de découragement face à la police et au gouvernement Ford, la panique face à la colère de la Maison-Blanche pour saisir l’ampleur du chaos qui régnait. 

Finalement, la crise des camionneurs aura mis au jour le côté le plus dysfonctionnel du Canada d’aujourd’hui.

Finalement, c’est parce qu’il sentait que quelqu’un devait prendre la situation en main, que seul son gouvernement était prêt à le faire, et que ça urgeait que Justin Trudeau a invoqué la Loi sur les mesures d’urgence.

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Mais encore...

Un choix politique assumé. Un choix politique qui se défend.

Là où le bât blesse, c’est qu’on ne saura jamais pourquoi le gouvernement a jugé que c’était légal d’agir. L’avis juridique du ministère de la Justice demeurera secret, protégé par le privilège avocat-client.

Le premier ministre et au moins cinq ministres ont chacun offert une explication différente, allant de la sécurité économique du pays à l’état du droit gouvernemental, en passant par les enfants boucliers-humains, la crainte d’une révolte populaire.

Si l’argumentaire juridique avait été limpide et sans équivoque, le gouvernement l’aurait rendu public. On reste avec l’impression qu’il était plutôt élastique.

Finalement, sous prétexte de s’en remettre à l’expertise de la haute fonction publique, le gouvernement Trudeau aura assumé de poser un geste politique en invoquant la Loi sur les mesures d’urgence.

Réglons la crise ; on réparera les pots cassés après. Bien des juristes et constitutionnalistes s’en indigneront. Mais face à la plus grave crise de son mandat, Justin Trudeau aura posé le geste fort que la population attendait de lui. 

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