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Canadiens Nordiques – La rivalité: «Mon but était bon, c’est l’arbitre qui n’était pas bon» – Alain Côté

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Photo d’archives Le but d’Alain Côté refusé par l’arbitre Kerry Fraser durant un match des séries éliminatoires contre le Canadien, le 28 avril 1987, au Forum de Montréal.

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La série documentaire Canadiens Nordiques – La rivalité sera disponible sur la plateforme Vrai, à compter du 29 novembre. À l’approche du lancement, Le Journal publie un aperçu de l’œuvre avec des textes publiés aujourd’hui et demain.


Même si l’événement remonte à plus de 35 ans, les journées sont rares où l’ancien joueur des Nordiques Alain Côté n’entend pas parler de son fameux but refusé. 

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« Aussitôt que je sors un peu de la maison, on m’en parle, dit Côté, qui habite dans la région de Québec. Si je vais dans une soirée ou encore me promener dans le Vieux-Québec, c’est immanquable. Et si je vais à un match de hockey, c’est un minimum de quatre ou cinq fois où l’on me demande si le but était bon. » 

Avec les années, l’ancien hockeyeur a même développé une réponse toute prête pour ceux qui l’abordent en lui parlant du but refusé par l’arbitre Kerry Fraser durant un match des séries éliminatoires contre le Canadien, le 28 avril 1987, au Forum de Montréal. 

« La phrase que je dis souvent, c’est : “Oui, mon but était bon, c’est l’arbitre qui n’était pas bon”, mentionne Côté, en riant de bon cœur. Mais les gens sont toujours gentils avec moi, c’est souvent une façon pour eux de me saluer et de s’introduire. » 

  • Écoutez l'entrevue avec Réjean Tremblay à l’émission de Benoit Dutrizac via QUB radio : 

Dans le folklore 

Toujours propriétaire de quatre magasins spécialisés dans les pièces d’auto, l’ex-attaquant des Nordiques, qui est âgé de 65 ans, n’aurait jamais pensé marquer autant l’histoire du hockey au Québec.  

Il était d’ailleurs impossible d’évoquer la rivalité entre les Canadiens et les Nordiques sans aborder le sujet de son but refusé dans la série documentaire qui paraîtra, à compter du 29 novembre, sur la plateforme Vrai. 

« Pour être honnête, ç’a pris cinq bonnes années avant que je parle du but refusé avec un détachement, avoue Côté. Dans les années qui ont suivi, quand on m’en parlait, ça me brûlait de l’intérieur. Aujourd’hui, ça fait partie du folklore. » 

Le natif de Matane en est même venu à avoir de bons mots pour Fraser. 

Kerry Fraser et Alain Côté réunis lors d’un tournoi, en 2010.
Photo d’archives
Kerry Fraser et Alain Côté réunis lors d’un tournoi, en 2010.

« Il est super gentil, c’est une bonne personne, résume-t-il, ayant participé à quelques événements promotionnels avec l’arbitre au cours des dernières années. Encore au tournoi pee-wee de Québec [en février 2020], il m’avait dit à la blague qu’il avait fait de moi une superstar... Finalement, ce but refusé a certainement apporté quelque chose de positif dans ma vie. » 

Jusqu’au terrain de mini-putt 

Si Alain Côté a appris à vivre au quotidien avec l’histoire entourant ce but refusé, il relate certaines anecdotes vécues par lui ou son entourage immédiat. 

« Un jour, l’un de mes fils, Mathieu, jouait au mini-putt à Mont-Tremblant. Sur un trou, sa balle avait bizarrement contourné la coupe et il y avait un groupe derrière lui qui, sans le connaître, lui avait lancé : tu t’es fait voler, comme le but d’Alain Côté, raconte ainsi l’ancien des Nordiques. Quand Mathieu leur a dit qu’il était mon fils, les gens n’en revenaient pas. Méchant hasard quand même ! » 

L’autre Alain Côté 

Le célèbre hockeyeur partage par ailleurs une pensée pour l’autre Alain Côté, originaire de Montmagny celui-là, qui a joué 130 matchs dans la LNH, dont 52 avec le Canadien, en incluant ses 11 parties éliminatoires de 1991. 

« C’est arrivé que des personnes me présentent des cartes à signer, où le joueur est dans l’uniforme du Canadien, mais ce n’est évidemment pas moi, dit-il. Je connais un peu l’autre Alain Côté et disons que ça doit être pas mal plus fatigant pour lui quand il se fait parler du but refusé... » 

Dans le cas de l’ancien joueur des Nordiques, l’événement de 1987 aura tout simplement marqué sa vie : « Sur ma pierre tombale, j’imagine qu’on marquera : “Ci-gît le gars dont le but a été refusé” », conclut Côté, avec humour.  

  • Écoutez le segment sportif de Jean-François Baril diffusée chaque jour en direct 6 h 43 via QUB radio :

Trois autres buts d’Alain Côté contre le CH 

Alain Côté a inscrit trois buts contre le Canadien en séries. Il a marqué son premier but en séries éliminatoires, le 8 avril 1982 au Forum de Montréal, dans un match contre le Canadien. On le voit célébrer après avoir déjoué le gardien Rick Wamsley.
Capture d'écran
Alain Côté a inscrit trois buts contre le Canadien en séries. Il a marqué son premier but en séries éliminatoires, le 8 avril 1982 au Forum de Montréal, dans un match contre le Canadien. On le voit célébrer après avoir déjoué le gardien Rick Wamsley.

La carrière d’Alain Côté va bien au-delà de ce célèbre but refusé contre le Canadien de Montréal, en avril 1987. C’est d’ailleurs contre le CH que l’attaquant originaire de Matane avait inscrit son premier but en séries éliminatoires, cinq ans plus tôt, soit le 8 avril 1982. 

« Je me souviens très bien de ce match et de cette série, dit-il, en marge du lancement de la série documentaire Canadiens-Nordiques – La rivalité. Notre victoire avait permis aux Nordiques d’enlever le complexe qu’on avait contre le Canadien. » 

Côté avait alors 24 ans. Pendant que le célèbre Peter Stastny s’était blessé au premier match de la série, le Québécois avait haussé son jeu d’un cran face au Tricolore. Lors de la deuxième partie de la série, remportée 3 à 2 par les Nordiques au Forum de Montréal, Côté avait créé l’égalité, en deuxième période, avant de se faire complice du but gagnant de Pierre Aubry, au troisième tiers. 

« J’étais sur l’aile et j’avais décoché un tir rapidement pour surprendre le gardien [Rick Wamsley], décrit Côté, qui s’était amené en surnombre avec Aubry et Marian Stastny contre le pauvre défenseur Brian Engblom, laissé à lui-même. Ça reste un but significatif, c’était notre première victoire contre le Canadien alors que notre meilleur joueur était blessé. Si on avait perdu ce match, on aurait tiré de l’arrière 2-0 dans une série 3 de 5 et nos chances d’éliminer Montréal auraient été moins grandes. On ne sait pas ce qui se serait passé. » 

Le match de sa vie 

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Photo d’archives

Côté a marqué deux autres filets contre le Canadien en séries éliminatoires, les deux en 1987. Il faut d’ailleurs rappeler que le Québécois avait, malgré son but refusé le 28 avril, terminé cette même rencontre avec un but et une mention d’aide. 

« Je jouais la game de ma vie », de résumer Côté, rappelant la décision controversée de l’arbitre Kerry Fraser avec moins de trois minutes à écouler à la troisième période. 

« Avec ce but-là, on gagne probablement ce cinquième match, mais ça ne veut pas dire qu’on aurait gagné la série », ajoute l’ancien des Nordiques, notant que le CH l’avait finalement emporté en sept parties. 

Le troisième et dernier but en carrière de Côté contre Montréal en séries éliminatoires avait d’ailleurs été inscrit durant le match décisif, mais dans une cause perdue. Le Québécois ne le savait pas à ce moment-là, mais il venait alors de disputer son dernier match éliminatoire dans la Ligue nationale de hockey. Les Nordiques allaient effectivement rater les séries lors des deux saisons suivantes, les deux dernières de Côté dans la LNH. 


►Alain Côté aura joué 696 matchs de saison régulière dans la LNH, tous avec les Nordiques, puis 67 autres en séries éliminatoires. Il avait précédemment participé à deux campagnes avec le club de Québec dans l’Association mondiale.

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