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Qatar 2022: pas le gros luxe pour les fans dans les conteneurs

Les villages ont connu de gros problèmes

Coupe du monde Quatar
Photo Dave Lévesque Les chambres des partisans dans les villages des fans ne sont finalement que des conteneurs déposés sur un tapis gazon sur des terrains vagues.

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DOHA, Qatar | Tu pensais qu'c'tait ça que c'tait, mais c'tait pas ça que c'tait. Pourquoi on vous sort un refrain du groupe de hip-hop québécois Alaclair Ensemble? Parce que ça résume assez bien l’expérience de nombreux visiteurs qui ont choisi de loger dans l’un ou l’autre des villages pour fans qui sont disséminés un peu partout autour de Doha. 

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Pour une somme d’environ 200 $ US la nuit, ils sont logés dans des conteneurs qui ont été aménagés avec deux lits et une petite salle de bain. 

Certains villages sont plutôt faits de tentes. Dans le désert, on le rappelle.

L’expérience n’a pas été à la hauteur pour des centaines d’amateurs, les histoires déconcertantes sont nombreuses depuis une semaine.

On a donc décidé d’aller y jeter un coup d’œil par nous-mêmes afin de se faire une tête.

Très chaud

On s’est rendu au village de Free Zone qui se trouve une quinzaine de minutes en métro du centre-ville de Doha.

Une fois sortis de l’édicule du métro, il faut marcher près d’une dizaine de minutes dans un stationnement sous un soleil de plomb pour atteindre le village, qui regroupe plusieurs centaines de conteneurs aux couleurs variées.

Sur place, pas de file d’attente, c’est propre et on voit les partisans qui cherchent l’ombre.

Le village est gros, très gros même. 

Pour parcourir l’allée centrale de bout en bout, il faut mettre une dizaine de minutes.

D’ailleurs, deux Canadiens croisés en vitesse nous indiquent qu’ils ont eu à marcher près d’un kilomètre pour rejoindre leur chambre après la partie et la déception, dimanche soir.

«Autrement, l’enregistrement a pris deux minutes», nous dit l’un d’eux.

Pas de billet pour un match, pas grave. Les parties sont diffusées sur un écran géant dans les villages de partisans dans un espace aménagé. Un peu de confort sous un soleil de plomb.
Photo Dave Lévesque
Pas de billet pour un match, pas grave. Les parties sont diffusées sur un écran géant dans les villages de partisans dans un espace aménagé. Un peu de confort sous un soleil de plomb.

Le principal défaut de ce village est qu’il a été installé en plein milieu du désert, c’est donc un énorme îlot de chaleur où l’ombre est rare.

Mais il faut admettre que le village propose de nombreux services. 

Il y a une place centrale pour regarder les matchs sur un écran géant. 

Services et histoires d’horreur

Il y a aussi quelques divertissements.

Les amateurs de soccer qui logent dans ces villages trouvent différents commerces pour leurs besoins, même un kiosque d’un café Starbucks
Photo Dave Lévesque
Les amateurs de soccer qui logent dans ces villages trouvent différents commerces pour leurs besoins, même un kiosque d’un café Starbucks

De plus, l’offre alimentaire est plus que décente, avec beaucoup d’options. Il y a même un Starbucks.

Et il y a sur place une pharmacie pour les besoins de première nécessité.

Cette visite, au cours de laquelle il n’a pas été possible de visiter l’intérieur d’une chambre, tranche donc avec certaines histoires d’horreur qui ont émané de ces villages dans les derniers jours.

Il y a d’abord l’attente. 

L’enregistrement a été cauchemardesque dans bien des cas et un Québécois que nous avons rencontré la veille, David Dicso, nous le confirme.

«Quand on est arrivés tôt le matin, vers 4 ou 5 heures, on a vu des files de gens. On a parlé à des Anglais qui attendaient depuis quatre heures et ils nous ont dit qu’il n’y avait pas de clés. C’était donc surréservé, et pourtant, nous avions tout réservé depuis le mois de juillet.

«Des Marocains nous ont expliqué qu’ils attendaient depuis cinq heures, qu’ils devaient s’enregistrer le 25 et on était déjà le 26. On a fini par comprendre que les gens qui étaient déjà au village ont décidé de rester plus longtemps.»

David a donc choisi d’aller loger ailleurs. (voir texte ci-contre)

Outre les longues files d’attente, les histoires quant à la propreté des lieux ont abondé.

Appartement inondé

«Nous sommes dans le village de Baraw et notre appartement est inondé depuis deux jours. Nous avons abandonné et sommes allés ailleurs», ont confié des gens au journal australien The Sun.

Dans leur cas, on peut comprendre. Le plancher était plein d’eau usée en raison d’une fuite de la toilette et ils n’avaient pas d’eau chaude.

Dans le cas du village de Zafaran, situé à un jet de pierre du stade de Lusail, les voyageurs sont arrivés et ont découvert que les petits appartements n’étaient pas prêts à être habités, même après le début de la Coupe du monde.

Un partisan a même créé un compte TikTok, fanvillageqatar, qu’il utilise pour documenter ses infortunes depuis son arrivée au village. 

En condo plutôt qu’au village

Deux Québécois ont reçu une offre difficile à refuser

David Dicso et Marc-Olivier Lafontaine-Côté sont au Qatar pour appuyer le Canada et vivre la frénésie de la Coupe du monde.
Photo Dave Lévesque
David Dicso et Marc-Olivier Lafontaine-Côté sont au Qatar pour appuyer le Canada et vivre la frénésie de la Coupe du monde.

DOHA, Qatar | David Dicso et son ami Marc-Olivier Lafontaine-Côté devaient loger dans un conteneur au village pour fans de la Free Zone. Ils n’ont jamais mis les pieds dans leur petit appartement.

Ils sont arrivés sur place avant le lever du soleil, samedi, et ont constaté qu’il y avait plusieurs heures d’attente juste pour obtenir une clé.

«On était fatigués, on n’avait pas dormi dans l’avion, on souffrait du décalage et on ne pouvait pas déposer nos valises. Il était très tôt, je peux seulement m’imaginer ce que ç’a été à 16 h, lors de l’enregistrement officiel», a soutenu David.

Et en posant des questions autour d’eux, ils ont réalisé que le village avait accepté plus de réservations qu’il y avait de places disponibles. En plus, certains recevaient une clé pour une chambre à un lit alors qu’ils en avaient besoin de deux.

David et Marc-Olivier ont ensuite reçu une offre intrigante. Assez pour monter à bord d’un Uber et aller voir ce dont il était question.

La vue extérieure du condo où logent les deux gars dans un quartier tout neuf.
Photo fournie par David Dicso
La vue extérieure du condo où logent les deux gars dans un quartier tout neuf.

«Une dame de la FIFA est venue nous voir, nous a proposé une navette et un condo à 15 minutes de là, explique David. Elle nous a montré des photos et c’était beau.»

«De ce que je comprends, ce sont des condos qui n’ont pas été loués parce qu’il n’y a pas beaucoup de monde à comparer aux autres Coupes du monde.»

Surprise! un condo partagé

Mais il y avait déjà une petite surprise au moment de l’enregistrement même s’ils n’ont pas eu à débourser un sou de plus.

«On nous a demandé notre bon de paiement [qui prouvait notre achat au village] et on nous a dit que c’était un appartement partagé, on est donc avec une famille d’Australiens», explique David.

Ils sont donc bien logés pour quelques jours dans un condo flambant neuf. C’est tellement neuf que le film plastique qui protège les armoires de cuisine n’a pas été retiré.

«C’est beau et luxueux, mais ç’a été fait vite et il y a des lacunes partout. Dans la cuisine, il y a une fuite d’eau sous l’évier et c’est continuel. Je dois éponger avec une serviette», raconte David.

Et pour ce qui est d’un espace privé dans un condo partagé, on repassera.

«Quand on a voulu partir et qu’on a voulu barrer la porte, on a réalisé que le trou de la serrure n’est pas aligné avec le loquet de la porte de notre chambre , on ne peut donc pas la verrouiller. On attend que quelqu’un vienne réparer ça.»

Un message clair

Marc-Olivier n’est à Doha que pour une semaine, mais David y sera trois semaines. Il passera quelques jours au condo pour ensuite s’installer quelques jours sur un bateau de croisière qui amarré au port.

«Je dois retourner passer d’autres journées au village pendant mon séjour», avoue-t-il.

L’enthousiasme n’y est pas particulièrement, surtout qu’à son départ vers le condo, il a reçu un message clair des employés.

«Au village, tous les gens qui travaillaient là nous on dit de ne pas y rester et d’aller au complexe de condos.»

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