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Un ado proxénète condamné à une peine de prison pour adultes

Xavier Hébert a reçu une peine de cinq ans de prison, même s’il était mineur au moment des faits

Un ado proxénète condamné à une peine de prison pour adultes
Photo courtoisie

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Après plusieurs peines de la Chambre de la jeunesse qui n’ont jamais pu le ramener dans le droit chemin, un jeune homme de 19 ans a été condamné lundi à cinq ans de pénitencier pour proxénétisme et trafic de drogue alors qu’il était mineur.

Xavier Hébert avait été arrêté en mars 2021 dans une frappe visant à faire tomber un petit réseau de proxénétisme dans lequel il opérait. Même si Xavier Hébert était tout juste majeur à cette époque, la Couronne avait établi clairement qu’une peine pour adultes s’imposait, ce à quoi le juge Dominic Pagé a consenti.

Le magistrat a condamné le jeune homme de Lévis à une sévère peine de cinq ans d’emprisonnement, principalement pour deux chefs de proxénétisme et pour des chefs de vente de cocaïne, de Xanax et d’hydromorphone. Hébert avait également plaidé coupable à des chefs de tentative de proxénétisme, de vol qualifié et de complot.

Portrait peu reluisant

La cour a dressé lundi un portrait peu reluisant du jeune homme.

Menteur, manipulateur, contrôlant, hypocrite, Xavier Hébert avait fait miroiter un «monde idyllique» à l’une de ses victimes, alors qu’en fait il ne faisait que l’utiliser pour arriver à ses fins, sa consommation lui coûtant 200$ par jour au moment de son arrestation.

«Je lui promettais tout, mais c’était juste des mensonges», a même admis l’accusé à l’agente responsable de son rapport prédécisionnel. «Je lui disais que je l’aimais, mais je riais d’elle. Je l’ai complètement amadouée, manipulée.»

Cette victime, présente dans la salle au prononcé de la peine, en garde des séquelles profondes. La jeune femme, qui a fait une dizaine de clients pour Hébert dès le premier soir et qui en a fait au total une quarantaine, selon le calcul présenté en cour, a très sérieusement songé au suicide et s’est souvent mutilée.

«Elles sont satisfaites parce qu’elles ont été crues tout au long du processus», a souligné le procureur de la Couronne Hugo Breton, à propos des victimes dans cette affaire. «Ce sont des victimes qui vont devoir vivre et revivre chaque jour ce que M. Hébert leur a fait subir, mais aujourd’hui, c’est un peu un baume sur leurs plaies.»

«Comme son idole»

Le rapport prédécisionnel a décrit Xavier Hébert comme un individu qui aimait «l’image» et la «prestance» qu’il projetait, soit celle d’un criminel «qui vit une vie de luxe en faisant le party».

«La première fois qu’il a loué une chambre d’hôtel pour [l’une des filles], il était content, il sautait partout et il se disait qu’il était enfin comme son idole, un rappeur évoluant dans la criminalité», a évoqué le juge Pagé dans sa décision.

Quant aux remords que l’accusé a fait entendre durant le processus judiciaire, le juge a affirmé qu'il peinait à les croire. En fait, Hébert s’inquiète plus pour lui, pour son avenir et pour les torts qu’il fait à sa famille, plutôt que pour ses victimes, a déploré le magistrat.

«Il donne l’impression d’avoir mémorisé un texte», a tout simplement indiqué le juge.

Antécédents juvéniles

Même si le fait que cette première peine «pour adultes» du contrevenant a été retenu comme facteur atténuant, le juge Dominic Pagé a rappelé que Hébert avait malgré tout une longue feuille de route. En Chambre de la jeunesse, il a déjà reçu cinq peines pour 22 chefs d’accusation, et ces sentences antérieures n’ont jamais porté leurs fruits.

«En lien avec ces antécédents juvéniles, il a bénéficié de plusieurs services, de mesures d’aide et du soutien de ses parents. Mais force est de constater qu’il recommence chaque fois», a indiqué le juge dans les motifs de sa décision.

Xavier Hébert prendra donc le chemin du pénitencier de Sainte-Anne-des-Plaines pour y purger le résiduel de sa peine. Comme il a purgé 30 mois de détention préventive, il lui restera 30 autres mois d’emprisonnement.

Calme durant la lecture de la décision, Hébert a jeté quelques coups d’œil à ses parents, mais il a perdu son sang-froid après être sorti de la salle, accompagné par les agents correctionnels. Il a notamment poussé quelques cris de rage en plus de frapper violemment autour de lui, faisant entendre de lourds échos dans la salle de cour.

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