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Fady Dagher, la révélation policière des dernières années au Québec, mérite qu'on lui laisse sa chance

Fady Dagher, la révélation policière des dernières années au Québec, mérite qu'on lui laisse sa chance
Photo Agence QMI, Joël Lemay

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Le directeur du Service de police de l'agglomération de Longueuil, Fady Dagher, n’a pas craint la congestion sur les ponts et les tunnels pour aller sur l’île. Il sera désormais le directeur du SPVM, un poste stratégique tant du point de vue politique que sur le plan de la sécurité publique.

C’est toute une prise pour Valérie Plante et le comité de sélection. Fady Dagher, c’est un peu (beaucoup) la révélation policière des dernières années. Il a bousculé les manières de faire, favorisé le rapprochement entre la population et la police, combattu les préjugés et rendu un grand service à la police au Québec en reconnaissant l’existence du profilage racial au sein des troupes policières. 

En effet, comme simples citoyens, nous sommes habitués à voir un certain détachement, une certaine froideur dans le discours de nos corps policiers et de leurs représentants. Un peu comme des machines, les policiers expriment peu leurs émotions devant les micros et caméras, ils s’en tiennent aux faits et strictement aux faits et aseptisent les échanges de toute couleur pouvant les mettre en exergue. 

Le dernier à avoir été en mesure de s’inscrire dans la mémoire collective en tant que porte-parole efficace et unique, notamment durant la crise étudiante, c’est Ian Lafrenière, qui est aujourd’hui ministre responsable des Relations avec les Premières Nations et les Inuits. 

Revenons à M. Dagher: sa nomination, bien qu’elle ait été largement applaudie, a été reçue avec un certain scepticisme, voire avec un scepticisme certain par d’autres. On lui reproche tantôt d’insulter – oui oui, rien de moins – le SPVM en reconnaissant l’existence du racisme systémique au sein du corps de police, tantôt de porter de grossières accusations envers ses troupes en reconnaissant la fiabilité d’études démontrant noir sur blanc, chiffres à l’appui, l’existence de profilage racial. M. Dagher serait devenu, selon certains, un prophète du wokisme, l’élevant au rang des saints! 

Devant la montée de la violence – notamment la violence armée à Montréal –, devant l’échec évident des techniques dites «traditionnelles» de gestion d’un des plus importants corps policiers de la province et la fragilisation des liens entre le SPVM et les différentes communautés montréalaises, pourquoi ne pas essayer une approche différente, une manière de faire qui détonne et sort des sentiers battus? Une façon de faire qui prend en considération les faits, les chiffres et les études et qui reconnaît enfin que le «mot en r» (racisme systémique) et «le mot en p» (profilage racial) existent réellement et font du tort aux Montréalais. Donnons la chance au coureur, surtout quand celui-ci a prouvé sa capacité à faire des marathons. 

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