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Immigration : l’intolérance de François Legault

Immigration : l’intolérance de François Legault
Photo le Journal de Québec, Stevens LeBlanc

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François Legault s’est à nouveau mis les pieds dans les plats en parlant d’immigration cette semaine, et deux de ses ministres, Fitzgibbon et Fréchette, ont dû sortir rapidement pour essayer de corriger le tir.  

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Le premier ministre Legault est diplômé d’une école de commerce, il est comptable. La subtilité des définitions et l’analyse des statistiques ne sont néanmoins pas son point fort. 

Dès lors que quelqu’un lui fournit un chiffre, il s’y accroche; c’est la seule preuve dont il a besoin pour être conforté dans ses préjugés. 

Depuis le Sommet de la Francophonie, François Legault se sert d’un chiffre concernant le français parlé à la maison pour affirmer que nous vivons un Armageddon linguistique à Montréal. Ça lui sert bien politiquement. 

Sa base est composée de gens qui sont à l’extérieur de Montréal et qui, pour bon nombre d’entre eux, voient le monde comme lui. 

De quoi parle Legault lorsqu’il parle de francophones? D’où sortent les chiffres qui lui font si peur? 

Larousse ou Robert ?

Selon le Larousse, un «francophone» est une personne qui parle français. Selon le Robert, un «francophone» est quelqu’un qui parle habituellement le français. 

Les deux ouvrages indiquent que le mot francophone peut être soit un adjectif, soit un nom. 

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À la lueur de ce fait, peut-être que la manière la plus simple de décoder les gaffes à répétition de François Legault en matière de langue et d’immigration est de comprendre que, lorsqu’il parle de francophones, il s’en sert comme nom (une personne de langue française) et non pas comme un adjectif (qui sait parler le français). 

Cette distinction est importante. 

Lors du récent Sommet de la Francophonie, Legault a affirmé ceci : «À 48 % de francophones sur l’île de Montréal, la situation est inquiétante.» 

Des experts comme Jean-Pierre Corbeil ont beau lui expliquer que 90 % des gens dans la région métropolitaine de Montréal peuvent soutenir une conversation en français, Legault s’acharne. 

Ce que le premier ministre est en train de dire aux immigrants, c’est que même si leurs enfants vont à l’école française, même s’ils ont appris à parler le français et même s’ils s’en servent dans leur travail et dans la vie de tous les jours, ils représentent un problème « dramatique » puisqu’ils parlent une autre langue à la maison. 

Simon Jolin-Barrette pourrait peut-être étendre encore plus les pouvoirs exorbitants qu’il vient d’accorder à sa police de la langue avec la Loi 96. 

S’ils peuvent saisir l’équipement informatique d’une entreprise, sans mandat, pour vérifier l’utilisation du français, peut-être pourrait-il aussi créer une escouade spécialisée qui aurait pour mandat de vérifier quel poste les gens regardent à la télé chez eux? 

Les autres

«L’enfer, c’est les autres», disait Sartre. De toute évidence, ça fait partie des croyances de base de Legault. 

Sa Loi 21 en était un rappel. Il disait aux gens qu’ils devaient changer leurs habitudes (et leurs habits) en venant ici, même s’ils arrivaient de pays francophones. 

Cette intolérance n’est pas qu’une question de langue. 

Legault devrait se souvenir que cette phrase de Sartre se retrouve dans sa pièce de théâtre Huis clos, car c’est justement vers un cul-de-sac très fermé que l’attitude intolérante de François Legault mène le Québec.

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