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Nous avons besoin d'une cure de désintoxication à la culture anglo-américaine

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Un professeur de littérature française me confiait récemment qu’aucun étudiant de sa classe de première année à l’université n’avait lu Victor Hugo.

À un poste de radio connu, des chroniqueurs tentaient de trouver des idées de films pour Noël. Il ne leur venait à la tête que des titres de films américains. En français, rien. Pas même Le père Noël est une ordure ou encore La Guerre des tuques.

À l’université, des professeurs demandent à leurs étudiants de lire des livres et des articles presque exclusivement américains et en anglais. Je plaide coupable. Pour certains cours, il est devenu pratiquement impossible de trouver de bons textes récents en français.

Devenir Anglo-Américains

La triste vérité est que nous sommes culturellement en train de devenir des Anglo-Américains qui parlent français.

Comme nous vivons dans les marges de l’empire américain, la culture américaine que nous retenons est toujours un peu excessive et caricaturale.

Les Québécois, surtout plus jeunes, connaissent beaucoup mieux la culture américaine que la culture française mondiale, y compris sa partie québécoise.

Dans les cégeps francophones, les élèves doivent suivre de deux à quatre cours d’anglais obligatoires. Ces cours d’anglais n’étaient pas obligatoires auparavant. Ils contribuent à américaniser les Québécois.

Notez comme les anglophones du Québec s’indignent quand vient le temps de leur imposer des cours de français obligatoires au cégep.

Mon but ici n’est ni de pousser une longue complainte ni de rager contre les Québécois qui s’assimilent à la culture anglo-américaine.

Pas inéluctable

Je veux simplement dire que l’anglo-américanisation du Québec n’est pas inéluctable.

Incorporer dès le primaire dans les livres de classe plusieurs textes de grands écrivains, tant québécois que français, plutôt que de proposer des textes moralisateurs de matantes, aiderait à stimuler l’intérêt des élèves pour la culture française.

Aider davantage financièrement les projections de films en français ou les productions de pièces de répertoire françaises ou québécoises pourrait aussi faire redécouvrir les trésors oubliés de la culture française, en plus de stimuler la création.

Exiger que les livres et articles scientifiques publiés par les professeurs des universités du Québec soient tous, et sans exception, accessibles en français permettrait aux étudiants francophones une meilleure éducation dans leur langue. Dans le pire des cas, pour des raisons de droits des maisons d’édition, un court délai entre la publication initiale en anglais et celle en français pourrait être acceptable.

Dans un souci d’ouverture sur le monde, les cégeps francophones devraient offrir de remplacer les cours obligatoires en anglais par des cours obligatoires dans d’autres langues. Cependant, les cégeps anglophones devraient proposer uniquement des cours obligatoires de français comme langue seconde.

Le moment est aussi venu pour le gouvernement de subventionner plus généreusement la chanson en français.

Toutes ces mesures sont assez simples à mettre en place. Elles supposent cependant que nous prenions conscience de notre intoxication à la culture américaine. Elles supposent aussi que nous voulions entrer en cure de désintoxication.

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