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Serment au roi: hommage aux trois péquistes qui se tiennent debout

POL-ASSERMENTATION-PQ
Photo d’archives

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Il est bien vu, dans le commentariat, en ce moment, de rabrouer le Parti Québécois et son chef, et même de confesser une certaine exaspération à leur égard. 

On en parle avec condescendance, on les invite à aller travailler, et à mentir en prêtant serment au roi d’Angleterre, sous prétexte que les autres députés auraient, eux, accepté de mentir en le faisant. 

Il fallait aussi voir la presse anglophone se comporter de manière hargneuse avec Paul St-Pierre Plamondon, qui se contente d’agir selon ses principes en affirmant qu’on ne saurait commencer sa vie parlementaire en se prêtant au jeu du mensonge institutionnalisé. 

PSPP

Comment ne pas voir chez ces journalistes militants angryphones une haine larvée à l’endroit d’un leader indépendantiste prenant ses convictions au sérieux? 

Imaginons la scène : les députés péquistes entrent à l’Assemblée, et le sergent d’arme, exécutant les ordres du président, se voit obligé de les chasser en usant de la force. 

Les trois députés du PQ, parce qu’ils veulent prêter serment d’allégeance au peuple québécois plutôt qu’à un souverain étranger, le roi d’Angleterre, qui s’est invité un jour dans notre histoire avec une conquête militaire, seraient virés comme des malpropres. 

J’imagine les échos de cette scène à l’international. J’ai honte d’avance.

Écoutez Les idées mènent le monde, une série balado qui cherche a éclairer, à travers le travail des intellectuels, les grands enjeux de sociétés.

On espère que Nathalie Roy fera preuve d’un meilleur jugement que son prédécesseur, un triste sire nommé François Paradis. 

Mais la hargne contre le PQ va plus loin. On le sait, notre mode de scrutin, qui n’est pas sans mérite, a provoqué aux dernières élections une distorsion brutale des résultats. Il est fait pour une vie politique bipartite. À cinq partis, il se dérègle. Il s’agit alors de réformer les règles parlementaires pour corriger les lacunes du mode de scrutin, essentiellement en permettant à chaque parti de faire convenablement son travail. 

D’autant que les trois partis d’opposition présents à l’Assemblée ont obtenu un score équivalent. Leurs résultats sont différents, car le PQ a la vertu, qui se transforme en faiblesse, d’être présent à la grandeur du territoire, à la manière d’un véritable parti national, alors que le PLQ bénéficie des avantages d’un vote soviétique concentré géographiquement. Quant à QS, il profite aussi de cet effet de concentration géographique. 

Alors le PQ demande, légitimement, d’avoir les moyens de faire son travail. Il ne veut pas le même traitement que le PLQ ou que QS. Il veut simplement avoir les budgets nécessaires pour jouer correctement son rôle d’opposition. 

Mais la CAQ, le PLQ et QS les lui refusent. Bien des commentateurs le traitent aussi comme un bébé gâté.

Règlement

Tous se réfugient derrière un légalisme étroit pour justifier leur position. Les trois autres partis se prennent pour des grands seigneurs en donnant des restes de table au PQ. 

Dans les faits, la CAQ et QS redoutent sa renaissance terriblement, et rêvent de l’asphyxier.

Mais le PQ se tient debout. Dans les circonstances, ses députés se comportent honorablement. 

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