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Son compte vidé par des virements non autorisés: la BMO refuse de rembourser cette mère de famille

GEN - ISABELLE CORBEL ET BMO
PHOTO MARTIN ALARIE Isabelle Corbet a perdu 3200 $ dans la fraude de son compte bancaire.

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Une mère de deux jeunes enfants de Varennes dont le compte en banque a été vidé par des virements Interac non autorisés vers l’Europe s’est fait dire par la BMO qu’elle ne serait pas remboursée.

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«Ils m’ont dit qu’ils ne me rembourseraient pas parce que ça vient de mon téléphone, raconte Isabelle Corbet, dont le mari est policier. La police a conclu à du hameçonnage.»

Comme d’autres cas que Le Journal a révélés ces derniers jours, le pirate s’est servi du compte bancaire de Mme Corbet pour se faire des virements de 5795 $ entre le 6 et le 8 septembre. Il a subtilisé l’argent de la victime et s’est aussi servi de sa carte de crédit pour obtenir une avance de fonds et ainsi augmenter son butin. 

«C’est peut-être une petite somme pour certains, mais pour moi, c’est une grande somme», dit la maman de 37 ans.

Pendant deux mois, elle a multiplié les appels et les déplacements à la banque pour obtenir de l’aide. 

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«Ce n’est pas du tout agréable avec des enfants de deux et quatre ans, je dois dire. Et il y a des jours où j’y suis allée plus d’une fois. Personne n’a l’air de connaître la procédure. Ils t’envoient vers un autre service, qui dit que c’est la responsabilité d’un autre et on dit qu’on va te rappeler, mais jamais personne ne rappelle», relate Mme Corbet, qui se sent démunie face à la situation.

Entre les services en ligne et la succursale, le département des fraudes et la police, la dame a fait tout ce qu’elle pouvait pour démontrer qu’elle n’était pas elle-même la fraudeuse. Et si la BMO a pu récupérer un des virements, elle s’en est servie pour payer l’avance de fonds sur la carte de crédit, mais laisse Mme Corbet avec la perte des 3200 $ de son compte bancaire. 

Après avoir pris connaissance de l’histoire de Jonathan Labrie Dumoulin, père de famille dont le compte de la BMO a été gelé pendant 37 jours à cause d’une série de virements Interac non autorisés, le mari de Mme Corbet a contacté la banque mercredi matin pour l’informer qu’une démarche médiatique serait entreprise. 

«Là, en raison des similitudes, ils ont dit qu’ils essaieraient de rouvrir mon dossier», affirme Mme Corbet.

Des cas se règlent, d’autres émergent

Notons que la BMO a appelé M. Labrie Dumoulin mercredi matin après la publication de notre article, l’informant que son dossier devrait se régler dans les 48 heures. Une autre victime dont nous avons parlé la semaine dernière, René Goyette, a été remboursée lundi.

BMO affirme prendre au sérieux toutes les réclamations de fraude et soutient que son processus d’analyse «dépend de la réception de tous les détails et informations pertinentes de ses clients», lesquels, rappelle la banque dans toutes ses communications, ont la responsabilité de protéger leurs informations bancaires.

La bataille des victimes est cependant très longue parfois. Une autre cliente de la BMO, Véronique Desbiens, une infirmière de 46 ans, de Blainville, nous a indiqué se battre depuis le 27 juillet dans l’espoir de se faire rembourser des transactions de 5288 $ faites avec sa carte de crédit sur un compte Amazon qu’elle n’a pas créé elle-même. 

«Je fais du temps supplémentaire accoté pour payer ça ! Au début, ils m’ont rassurée et dit que ça allait s’arranger, mais ce n’est pas ce qui se passe ! Ils disent que j’aurais donné accès au fraudeur», se désole-t-elle.

Elle se tourne vers l’ombudsman des services bancaires et d’investissement dans l’espoir d’être aidée. 

La responsabilité des banques

Expert en prévention des fraudes, Simon Marchand se désole de voir des victimes d’hameçonnage traitées comme les seules responsables.

«Si le téléphone a été infecté et que ce sont les pirates qui ont le contrôle, ça a l’apparence d’une transaction légitime aux yeux de la banque, mais il y a quand même une victime de fraude derrière ça», observe celui qui est vice-président produit et risque chez GeoComply et compte 14 ans d’expérience en prévention des fraudes.

Selon M. Marchand, les banques canadiennes ont des méthodes archaïques pour sécuriser les transactions, tels les codes à six chiffres envoyés par SMS, qui peuvent être facilement interceptés.

«Je pense qu’il y a une responsabilité d’arrêter de faire le strict minimum en matière de sécurité, estime M. Marchand. Les banques font des milliards de dollars de profits, mais que font-elles pour réellement protéger leurs clients contre eux-mêmes?»

Il note que la reconnaissance faciale, digitale et vocale permet de vérifier qui est l’humain derrière la transaction et que c’est le troisième niveau de sécurité dans lequel il faut désormais investir. De plus, il estime que les banques devraient être tenues de divulguer le nombre d’attaques de fraudeurs dont elles sont la cible.

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