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Fermeture chez Olymel: il perd sa job à l’usine après 46 ans de service

Le fondeur de 64 ans va devoir se virer de bord en quatrième vitesse

Travailleur licencié chez Olymel
Photo Francis Halin Claude Bilodeau, 64 ans, a eu un choc en apprenant la fermeture de l’usine de Saint-Hyacinthe, où il a travaillé toute sa vie depuis ses 18 ans.

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«Je n’aime pas ta face», a lancé Claude Bilodeau au président du syndicat, ce jour-là. «T’as bien raison. Le 10 février», lui a répondu son collègue, en lui disant que l’usine d’Olymel où il travaillait depuis 46 ans allait fermer.

• À lire aussi: Olymel ferme son usine de Saint-Hyacinthe

L’histoire de Claude, c’est celle des 107 travailleurs de l’usine d’Olymel de Saint-Hyacinthe, en Montérégie, qui ont appris à la dure le mois dernier que leur usine allait mettre la clé sous la porte en février.

En plein cœur de la capitale de l’agroalimentaire, le choc a été brutal. L’employeur venait de licencier 61 personnes en septembre dernier. Personne n’a vu venir le coup. 

«Va falloir se serrer la ceinture. Je ne sais pas si je vais me trouver autre chose tout de suite, étant donné que je vais bientôt avoir 65 ans», confie Claude Bilodeau, qui était fondeur à l’usine grise et beige de la MRC des Maskoutains.

«On faisait fondre le gras pour faire des huiles, qui deviennent du saindoux. On travaillait à la chaleur, mais là, on nous propose d’autres emplois à 4 °C dans l’humidité, dans des postes à la chaîne», soupire-t-il.

Pas d’assurance-emploi

Comme Olymel propose aux travailleurs touchés un poste dans ses autres usines de transformation, les employés qui le refusent n’ont pas droit à leurs prestations d’assurance-emploi et se retrouvent le bec à l’eau.

«J’en ai payé pendant 46 ans et je n’ai pas le droit d’en retirer», se désole Claude Bilodeau.

Au Journal, le syndicat des TUAC dénonce aussi le fait que ces travailleurs soient poussés à délaisser le secteur du porc pour celui du poulet, plus salissant.

Surtout, on digère mal que des salariés doivent recommencer au bas de l’échelle, ailleurs, dans des postes plus exigeants physiquement.

Travailleur licencié chez Olymel
Photo Francis Halin

«C’est un dur coup»

Pour Claude Bilodeau, la nouvelle fait mal. C’est une page qui se tourne pour lui à quelques semaines de Noël, qui ne sera pas le même cette année.

«C’est un dur coup», lance celui qui a commencé à travailler chez Olymel à 18 ans.

«Quand je suis rentré, en 1976, je gagnais 4,75 $ l’heure. C’était l’une des usines les mieux payées à Saint-Hyacinthe», se souvient-il.

Au fil des années, Claude a tour à tour été emballeur, désosseur, affûteur de lame, opérateur... Il gagnait aujourd’hui 25 $ l’heure comme fondeur avec six semaines de vacances par année.

«Il y a beaucoup d’employés qui ont 30, 35 ou 40 ans d’ancienneté avec six semaines de vacances. Est-ce que la compagnie veut se débarrasser d’eux ? On se pose la question», conclut-il.

  • L’an dernier, le gouvernement du Québec a investi 150 millions $ dans Olymel pour renforcer les sièges sociaux ici et consolider les 10 000 emplois chez nous.
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