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La vraie histoire des «cocaine babes»?

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J’avais fait une entrevue à QUB radio avec Mélina Roberge, qui racontait, dans le livre Sans filtre, son arrestation en Australie pour importation de cocaïne.

J’ai fait hier à QUB, une entrevue avec Isabelle Lagacé, qui raconte dans le documentaire Cocaïne, prison et likes : la vraie histoire d’Isabelle, son arrestation pour importation de cocaïne.

On peut maintenant dire que les deux principales vedettes de cette histoire digne d’Hollywood ont raconté les deux côtés de leur histoire.

Mais on est loin de connaître « la vraie histoire » de ce qui s’est passé sur ce bateau de croisière en 2016.

LA CROISIÈRE NE S’AMUSE PAS

Dans le documentaire diffusé aujourd’hui à Crave, on en apprend beaucoup sur l’histoire d’amour d’Isabelle avec un homme qui sortait de prison pour son implication avec les Hells. On en apprend beaucoup sur sa dépression, ses dettes, sa relation toxique, son train de vie de party dans les bars. On en apprend aussi beaucoup sur la beauté des paysages en Polynésie française ou en Colombie, des pays qu’Isabelle a visités lors de sa célébrissime croisière.

Mais on n’en apprend pas beaucoup sur les dessous de cette histoire criminelle. 

Ni Mélina dans son livre ni Isabelle dans le documentaire ne nous donnent le moindre indice sur l’identité des autres hommes qui étaient sur le Sea Princess avec elles. Isabelle mentionne « un cartel », mais sans l’identifier. Pourquoi André Tamine, qui a lui aussi été arrêté en Australie en juillet 2016, avec deux fois la quantité de cocaïne d’Isabelle et Mélina, a-t-il eu une peine si clémente ? 

On comprend qu’elles ne veuillent pas risquer leur vie. Mais si tu me vends ta salade en me disant que tu « remets les pendules à l’heure » et que tu racontes « la vraie histoire », ne me raconte pas que les bouts de l’histoire qui t’arrangent. 

J’ai demandé à Isabelle de quoi elle avait peur. « Les autres personnes impliquées, j’ai décidé de ne pas les mentionner. Je ne sais pas de quoi ils sont capables. Je ne peux pas dire à 100 % qu’il m’arriverait quelque chose, mais est-ce que je veux prendre ce risque-là ? ».

Le documentaire de Crave s’attarde longuement sur le travail des médias, qui ont affirmé (erronément) que Mélina et Isabelle étaient des stars de la porno. Cette « fake news » semble beaucoup déranger Isabelle Lagacé, qui est très critique du « manque de rigueur » des journalistes qui n’ont pas vérifié leurs informations.

J’avoue que je me sentais un peu mal à l’aise d’entendre quelqu’un qui a sciemment transporté des drogues dures donner des leçons de morale à des reporters.

Ce qui m’a par contre touchée dans l’histoire d’Isabelle Lagacé, c’est quand elle raconte à quel point il lui a été difficile d’entamer sa réinsertion. Contrairement à ce beaucoup de gens pensent, elle n’a pas de dossier criminel au Canada (comme elle a été condamnée en Australie, elle a un dossier criminel là-bas). 

Elle a, comme tous les citoyens qui ont purgé leur peine, droit à une deuxième chance. 

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Isabelle Lagacé m’a confirmé qu’elle avait été rémunérée pour sa participation au documentaire, « Un montant qui va me permettre de me remettre sur pied » et de « remonter ma cote de crédit », m’a-t-elle dit. Mélina Roberge a, elle, ses droits d’auteur.

Qui a dit que « le crime ne paie pas » ? 

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