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Que peut-on retenir de l'expérience du Canada à la Coupe du monde?

Le Canada sait maintenant ce que ça prend pour évoluer au plus haut niveau

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Photo AFP Les membres de la sélection canadienne se sont réunis au terme du match face à la Croatie, dimanche dernier, au Stade Khalifa International, à Doha.

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DOHA, Qatar | Le Canada repart du Mondial avec trois défaites, un gros bagage d’expérience, du respect nouvellement gagné et l’impression qu’il aurait pu faire mieux.

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Certes, l’équipe a dépassé celle de 1986 qui avait été blanchie à chacun de ses trois matchs. La formation actuelle a marqué un but, celui d’Alphonso Davies contre la Croatie. Face au Maroc ? C’était un but contre son camp à la suite d’une déviation sur un défenseur adverse.

Une seule autre nation a cumulé trois défaites avant de plier bagage à cette Coupe du monde. Allez, on vous donne une chance. Vous le savez, non ? Le Qatar, pire pays hôte de l’histoire sur le plan des résultats.

Avouez que ce n’est pas le genre de compagnie que l’on veut avoir quand on s’est présenté à un tournoi comme meilleure équipe issue des qualifications de sa confédération.

À l’occasion de leur dernier passage devant les médias, jeudi, les joueurs canadiens ont beaucoup parlé de fierté et d’apprentissage.

Quand on veut bien être honnête, on savait d’avance que c’était ce qu’ils venaient chercher au Qatar, de l’expérience, en vue du Mondial de 2026, qui sera partiellement présenté au Canada.

Mais on s’est laissé prendre au jeu et on a commencé à avoir des attentes. C’est normal, cette équipe avait presque survolé la compétition lors des qualifications de la Confédération de football d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes (CONCACAF). Elle était inspirante, jeune, fougueuse et belle à voir jouer.

Et surtout, elle marquait des buts, beaucoup de buts, et elle n’en accordait peu.

Des Failles

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AFP

Mais cette défensive de l’unifolié, qui faisait un boulot plus qu’honnête dans nos contrées, n’était pas taillée pour l’élite mondiale.

Steven Vitoria était trop lent, tandis que Kamal Miller et Alistair Johnston manquaient un peu d’expérience pour faire face à cette clientèle. Mais c’est correct, c’est le métier qui rentre et ce sera précieux dans quatre ans.

En milieu de terrain, outre Stephen Eustaquio, c’était mince. Les Canadiens ont bien fait contre la Belgique, ils ont perdu la bataille du milieu pendant 90 minutes face à la Croatie et ils ont eu du mal en première demie face au Maroc, jusqu’à ce que leurs rivaux stationnent l’autobus et abandonnent la lutte au milieu.

John Herdman s’est même privé des services de Samuel Piette, qui aurait eu son utilité pour stabiliser l’aspect défensif en milieu de terrain.

Et cette formidable attaque explosive ? C’était un pétard mouillé au Qatar. Trop fébriles, voulant trop en faire trop vite, les attaquants canadiens ont bousillé toutes les chances qu’ils se sont créées.

Et le pauvre Jonathan David a été pratiquement invisible, ce qui n’est pas son habitude. 

Contenir Davies

Alphonso Davies est un joueur d’exception, un pur-sang, mais il faut bien le gérer et Herdman a failli à la tâche.

L’entraîneur lui a donné les clés de la maison et le prodige de 22 ans a fait tout ce qu’il voulait, c’est-à-dire trop, comme les jeunes très doués ont tendance à le faire.

Il a pris un tir de pénalité contre la Belgique, alors qu’il aurait dû laisser le ballon à un coéquipier qui en avait plus sous la cravate. C’était seulement son troisième en carrière, le premier contre un gardien d’élite.

Herdman l’a essentiellement utilisé comme attaquant, alors que Davies joue comme latéral gauche en temps normal à Munich. C’était aussi le cas dans les qualifications.

Le positionner si haut sur le terrain ouvrait la porte aux excès. Il a multiplié les séquences de possession trop longues lors desquelles il perdait le ballon en tentant de déjouer la moitié de l’équipe adverse. Il perdait aussi de son explosion qui le rend si menaçant dans le couloir.

Herdman

Puisqu’il est question de Herdman, il n’a pas connu un bon tournoi. Sur le plan des choix tactiques, il a démérité et n’a pas toujours pris les bonnes décisions lors de ses substitutions.

Le sélectionneur a surtout commis une énorme erreur avec une déclaration-choc à l’endroit de la Croatie, laquelle a servi de motivation à l’adversaire qui lui a passé sur le corps quatre jours plus tard.

Les joueurs ont beaucoup vanté les talents de motivateur de Herdman. Il a maintenant quatre ans pour montrer qu’il peut aussi être un bon tacticien.

Qui d’autre ?

Il a un contrat avec Canada Soccer jusqu’en 2026 et a affirmé qu’il souhaitait rester en poste jusqu’à la prochaine Coupe du monde.

Bien franchement, il ne semble pas y avoir de meilleur candidat pour le moment et il faudra le retenir s’il devait décider d’écouter le chant des sirènes qui émane de sa mère patrie, l’Angleterre, où des clubs ont de l’intérêt pour lui.

Mais comme ses joueurs, Herdman aura des progrès à réaliser afin de démontrer qu’il peut tenir son bout sur la plus grande scène mondiale.

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