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Serment au roi : il faudra remercier les trois mousquetaires du PQ

Serment au roi : il faudra remercier les trois mousquetaires du PQ
Photo Stevens LeBlanc

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En politique comme dans la vie, il arrive de ces moments où il faut savoir tenir tête. Non pas pour s’entêter bêtement sur une peccadille, mais pour signifier clairement qu’il en va pour soi d’une question de principe et de dignité.

Le combat pacifique que mène le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon contre le serment au roi est de cette deuxième eau. Son but : que tous les élus n’aient plus jamais à être obligés de le prononcer pour pouvoir siéger à l’Assemblée nationale. 

De toute évidence, sa lutte participe aussi d’une stratégie bien arrêtée visant à maximiser la visibilité médiatique du Parti Québécois. Avec un caucus réduit à trois députés, sa quête d’attention est en effet vitale. 

Or, la saga du serment devient nettement plus intéressante si l’on comprend l’essentiel. Soit qu’ici, la stratégie politique rencontre du même coup une véritable question de principe.

Bien sûr que cette histoire est moins importante que des urgences bondées, des personnes vulnérables abandonnées par l’État ou une inflation étouffante. 

Il s’agit néanmoins d’un symbole. Et dans la longue vie des peuples, les symboles, ça compte aussi parfois plus qu’on ne le pense.

D’où la détermination de fer du trio péquiste. Quitte même à refuser de prêter serment au roi Charles III pour siéger au Salon bleu tant et aussi longtemps qu’une loi ne sera pas adoptée pour le rendre facultatif.

Le moment ultime de vérité

Même devant la décision prévisible de la nouvelle présidente de l’Assemblée nationale, Nathalie Roy, de ne pas renier celle de son prédécesseur selon qui aucun élu ne peut siéger sans prêter serment au roi, les députés Paul St-Pierre Plamondon, Pascal Bérubé et Joël Arseneau ont tenu bon.

Ils ont respecté sa décision. Ils ont discuté poliment avec la sergente d’armes. Le tout, avec élégance. Pas de cabotinage. Même pas de chemise déchirée.

Résultat : pour siéger, ils attendront la nouvelle loi qui, très bientôt, devrait rendre le serment au roi facultatif. 

Si cette loi finira possiblement par être adoptée d’ici la fin de la semaine prochaine, ce sera donc grâce à l’assiduité des trois élus péquistes, combinée au respect qu’ils ont manifesté pour l’institution de l’Assemblée nationale.

Le plus difficile

Ce sera également grâce aux autres partis. Ils ont bien compris qu’il était grand temps d’agir. Même le chef intérimaire du PLQ, Marc Tanguay, vient tout juste d’allumer. C’est pour dire !

Bref, si la tendance se maintient, ce sera la fin d’une mascarade. Exit le serment forcé par la constitution de 1867 ou prêté en cachotterie derrière un rideau tiré. 

Mais attention. Si les autres partis acceptent maintenant tous en chœur d’accélérer le processus législatif, c’est aussi dans l’espoir de priver le chef péquiste des projecteurs que cette même saga lui a permis de monopoliser.

Et de fait, pour le triumvirat péquiste, le plus difficile est à venir. 

Devant l’imposante majorité de la CAQ et l’ambition de Québec solidaire de s’imposer comme la « vraie » opposition à François Legault, s’il veut continuer à tirer son épingle du jeu, le tout petit caucus péquiste devra rivaliser d’imagination.

Pour y arriver, il jouit néanmoins de quelques avantages. Son chef a mené une excellente campagne. Il a prouvé qu’il est possible de faire de la politique loin des combats de coqs. 

Avec l’épopée du serment au roi, il s’est aussi montré capable de marier stratégies et convictions. Qui sait pour l’avenir ? Pour un parti happé durement par la pire défaite de son histoire, c’est tout de même ça de pris.

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